Die Bühne in Schwingung versetzen
La question du pouvoir dans le théâtre contemporain allemand est largement devenue la question des moyens de la représentation théâtrale elle-même – plutôt que de la représentation figurative des souverains, politiciens ou autres maîtres du monde. Il est important de préciser que dans cet article, l...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/doublejeu, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Allemand |
| Publié: |
Double Jeu
2018
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La question du pouvoir dans le théâtre contemporain allemand est largement devenue la question des moyens de la représentation théâtrale elle-même – plutôt que de la représentation figurative des souverains, politiciens ou autres maîtres du monde. Il est important de préciser que dans cet article, le terme « représentation » est compris comme un mode inévitable, même dans la performance contemporaine où la dichotomie traditionnelle entre « présence » (absolue) et représentation ne fonctionne plus. Ainsi, quelles sont les formes qui visent à interroger le pouvoir dans l’art théâtral qui suit les avant-gardes, dans un monde artistique que l’on pourrait donc qualifier de post-performatif ?Cet article cherche à donner un aperçu de ces nouvelles stratégies artistiques et de leurs arrière-plans théoriques. Dans ce but, il analyse deux mises en scène de deux artistes contemporains des plus importants en Allemagne. Tous deux sont souvent confrontés pour leurs divergences mais leurs travaux montrent des connexions intéressantes. Il s’agit ici d’analyser Ich schau dir in die Augen, gesellschaftlicher Verblendungszusammenhang ! [Je te regarde dans les yeux, contexte d’aveuglement social !] de René Pollesch et Dantons Tod de Laurent Chétouane (les deux mises en scène datent de 2010). Les analyses seront étayées d’une réflexion théorique sur la notion de pouvoir mentionnée plus haut, s’intéressant alors moins aux rapports de domination entre individus qu’à la structure de la vie en communauté et aux processus de subjectivisation (étudiés par Michel Foucault notamment).La thèse principale est que la structure contemporaine du pouvoir au XXIe siècle soumet les sujets à l’injonction d’être constamment efficaces (to perform). Cet aspect du pouvoir ou du bio-pouvoir est réfléchi par les mises en scène de Pollesch et de Chétouane à travers la problématisation du dispositif théâtral et des techniques de représentation de l’acteur / actrice. Mais les deux œuvres ne présentent pas les mêmes résultats : dans Ich schau dir in die Augen…, malgré l’esprit et l’intelligence de l’œuvre, la critique est subvertie de manière implicite par l’hommage de son unique acteur, Fabian Hinrichs, à lui-même. Chétouane cherche l’affaiblissement ou l’épuisement de ses acteurs et de la mise en scène elle-même. Ce théâtre joue ainsi avec ses propres conditions de représentation pour interroger notre configuration actuelle du pouvoir. L’épuisement risque toujours de ne pas être visible, mais ce risque est nécessaire pour ne pas servir le mode de la performance quotidienne dans lequel la production d’un rôle et d’un « soi-même » est impérative. Pour désigner ce mode de désarroi et de retenue, cette façon différente de performer qui permet à l’acteur de s’ouvrir à l’inconnu, le terme d’« afformatif » est proposé : ce qui reste entre le faire et le fait de ne rien faire, entre production et négation, entre la représentation et la performance. En jouant avec l’afformatif, le dispositif du théâtre, ses règles et ses conditions sont remis en question. |
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