Bamako-Paris de Ian Soliane, mis en scène par Cécile Cotté : de la traversée à la transgression
L’article analyse la mise en scène par Cécile Cotté à l’Anis Gras – Le lieu de l’autre, à Arcueil en février 2019 du texte de Ian Soliane récemment paru, Bamako-Paris (Koïné Éditions, 2021). La pièce narre l’autopsie d’Ibou, jeune clandestin malien qui s’est accroché au train d’atterrissage d’un Air...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/doublejeu, |
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| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Double Jeu
2023
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | L’article analyse la mise en scène par Cécile Cotté à l’Anis Gras – Le lieu de l’autre, à Arcueil en février 2019 du texte de Ian Soliane récemment paru, Bamako-Paris (Koïné Éditions, 2021). La pièce narre l’autopsie d’Ibou, jeune clandestin malien qui s’est accroché au train d’atterrissage d’un Airbus A320 en partance de Bamako pour Paris, et, en parallèle, sa vie, ses rêves et espoirs. Il s’agit de montrer le geste politique et postcolonial opéré par la représentation du spectre d’Ibou, qu’il s’agisse de la désaliénation du corps noir via ses déplacements transgressifs qui fonctionnent comme autant de réponses à une traversée interdite ou encore d’une réflexion sur l’altérisation symbolique produite par l’allégorie. En se fondant notamment sur une lecture de Spectres de Marx de Derrida, l’analyse tend en effet à interroger le poids du visible et de la hantise dans nos sociétés de l’image et de sa toute-puissance mass-médiatique, et à réhabiliter la singularité de chaque vie, de chaque mort. En tant que spectre d’exilé, Ibou, par sa parole performative, subvertit les lois iniques qui discriminent les humains entre eux, et nous engage, en dépit de la cruauté de la pièce, dans une autre voie – délibérément postcoloniale – dans laquelle nos rapports à l’autre et au même sont à réinventer. |
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