À la marge du marché : l’insertion d’une jeunesse rurale vulnérable
Cet article analyse la précarisation croissante de l’emploi peu qualifié en milieu rural et ses effets sur les trajectoires des jeunes sans diplôme. Contrairement aux représentations d’une campagne protectrice, le marché rural, dominé par des postes saisonniers et faiblement rémunérés, expose les je...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/diversite, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Diversité
2026
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| Matèries: | |
| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Cet article analyse la précarisation croissante de l’emploi peu qualifié en milieu rural et ses effets sur les trajectoires des jeunes sans diplôme. Contrairement aux représentations d’une campagne protectrice, le marché rural, dominé par des postes saisonniers et faiblement rémunérés, expose les jeunes à une insertion rapide, mais instable. L’intérim, devenu norme pour ces jeunes, traduit une logique de flux qui pousse à accepter toute mission pour rester employable. L’accès à l’emploi ne garantit ni autonomie ni reconnaissance durable, renforçant l’idée d’un « vrai travail » valorisé pour sa dimension symbolique plus qu’économique. Ces jeunes privilégient l’activité, même précaire, pour éviter la stigmatisation de l’« assistanat », mais se retrouvent piégés dans une dynamique où leur disponibilité et leur flexibilité sont exploitées. Les solidarités locales à l’embauche s’affaiblissent, aggravant la relégation des jeunes ruraux, cumulant faible capital culturel, isolement et assignation sociale. Loin d’être passifs, ils développent des formes de débrouille et de résistance, alternant phases d’emploi, de retrait et d’activités informelles. La précarité devient un mode de vie contraint, mais porteur de sens, révélant la nécessité d’une action publique attentive aux logiques ordinaires de survie. Le travail reste un repère central, mais il ne constitue plus un vecteur de stabilité, piégeant la jeunesse rurale dans une tension entre valeur symbolique du labeur et fragmentation néolibérale de l’emploi. |
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