« Notre métier ne consiste certainement pas à conforter des certitudes, mais à détricoter des évidences, et à montrer à quel point l’humanité a des capacités d’adaptation »
Dans cet entretien, Romain Bertrand présente deux approches de l’histoire. D’un côté, l’histoire globale, développée dans les années 1960-1970, analyse le « système-monde » à grande échelle et sur le long terme. Elle éclaire les grandes interconnexions entre régions, mais tend à privilégier les vast...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/diversite, |
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| Egile Nagusiak: | , |
| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Diversité
2026
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| Gaiak: | |
| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | Dans cet entretien, Romain Bertrand présente deux approches de l’histoire. D’un côté, l’histoire globale, développée dans les années 1960-1970, analyse le « système-monde » à grande échelle et sur le long terme. Elle éclaire les grandes interconnexions entre régions, mais tend à privilégier les vastes processus et à négliger les acteurs ordinaires et les réalités locales. De l’autre, l’histoire connectée est née en réaction à cette approche jugée trop abstraite et eurocentrée. Elle cherche à « repeupler » le récit historique en s’intéressant aux trajectoires individuelles, aux lieux de contact et aux réseaux locaux. Concernant la première mondialisation (XIVe-XVIe siècles), l’auteur montre que l’Asie du Sud-Est et l’océan Indien formaient déjà un espace commercial structuré avant l’arrivée des Européens, qui y furent d’abord marginaux. Ainsi, les récits centrés sur les marchands européens ont longtemps occulté le rôle essentiel des collecteurs locaux, peuples des forêts et des mers, indispensables au commerce des épices et produits rares. Cette démarche repose sur le principe d’« égale dignité narrative » : les sources européennes et asiatiques doivent être étudiées sans hiérarchie, chacune obéissant à ses propres règles de véridicité et de narration. L’objectif est de replacer l’Europe à sa juste place, de décentrer le regard et de penser l’histoire comme une science sociale attentive aux marges, aux acteurs et à la pluralité des points de vue. |
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