La francophonie, le français, son génie et son déclin
La genèse du discours sur la francophonie, des années d’après-guerre aux années 1960, est indéniablement marquée, à tout le moins du point de vue hexagonal, par le sentiment d’un déclin – déchirant à admettre pour la communauté concernée – du rayonnement de la langue française dans le monde et, plus...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/dhfles, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde
2010
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | La genèse du discours sur la francophonie, des années d’après-guerre aux années 1960, est indéniablement marquée, à tout le moins du point de vue hexagonal, par le sentiment d’un déclin – déchirant à admettre pour la communauté concernée – du rayonnement de la langue française dans le monde et, plus généralement de la culture française. Corrélativement, la montée en puissance, non seulement politique, militaire et économique, mais aussi désormais culturelle, des États-Unis d’Amérique, ne cesse plus à cette époque d’inquiéter les élites françaises, tout autant qu’elle les fascine.C’est dans ce contexte qu’il convient d’apprécier la résurgence, dans les écrits de Senghor et dans le numéro célèbre de novembre 1962 de la revue Esprit, significativement intitulé « Le français, langue vivante », des termes de « francophone » et de « francophonie ». L’on feint en effet parfois d’oublier que leur apparition, sous la plume d’Onésime Reclus, s’est produite à un autre moment où la France s’interrogeait sur sa grandeur et s’inscrivait dans une réflexion sur la question coloniale, comme l’on ignore trop souvent l’obsession démographique qui présidait à la pensée du géographe. Le recours conjugué à la mythologie « rivarolienne » du génie de la langue française et à la mythologie révolutionnaire du français, langue des droits de l’homme et de l’universel, peut ainsi sembler comme une tentative de redonner son éclat, sinon à la France, du moins à une pensée française qui entend alors manifester clairement sa voix(e) face à celle, grossissante, de « l’Amérique », porteuse d’une autre conception de l’universalité. |
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