‘Over-hopefulness and getting-on-ness’: Ruskin, Nature, and America
Ancré dans une tradition culturelle où se mêlaient littérature, arts et histoire, l’amour inconditionnel que Ruskin portait à la nature (« cette passion qui a gouverné ma vie » (5.365)) était selon lui indissociable d’une identité et d’une culture européennes fortes. Comme il l’affirme dans le volum...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/cve, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Anglais |
| Udgivet: |
Cahiers victoriens et édouardiens
2020
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Ancré dans une tradition culturelle où se mêlaient littérature, arts et histoire, l’amour inconditionnel que Ruskin portait à la nature (« cette passion qui a gouverné ma vie » (5.365)) était selon lui indissociable d’une identité et d’une culture européennes fortes. Comme il l’affirme dans le volume 3 des Peintres Modernes, cet attachement « ne pouvait être ressenti que par un enfant issu d’une culture européenne contemporaine […] [conscient] du contraste saisissant entre un passé glorieux et un présent tragique ou morne […] cet instinct naturel ne peut guère être ressenti en Amérique et chaque jour où l’on voit l’architecture ou la mode s’embellir ou que l’on renverse la pierre d’un édifice médiéval contribue à l’affaiblir en Europe »’ (5.369). Cette critique ouverte de l’Amérique est loin d’être isolée sous la plume de Ruskin qui, même s’il possédait des amis et des admirateurs américains, ne se rendit jamais aux États-Unis. Comme il le redit dans Fors, il lui « était impossible, même pour quelques mois, de se rendre dans un pays dont le plus grand malheur était d’être dépourvu de châteaux » (27.170). Par ailleurs, Ruskin se méfiait d’un pays qui faisait confiance à la démocratie, ne possédait pas de traditions culturelles historiquement établies et revendiquait au contraire un goût pour la nouveauté. Il doutait de l’optimisme américain qui lui semblait naïf et simpliste. Par contraste, le rapport que Ruskin entretenait avec la nature passait par « un réseau invraisemblable de voies intellectuelles et de ramifications nerveuses le reliant à l’histoire tragique de cette bonne vieille patrie autant que par l’histoire de cette pensée européenne traversant les siècles depuis les temps mythologiques anciens jusqu’au rationalisme et à l’antirationalisme le plus moderne » (36.533). Pour lui, la façon dont les Américains envisageaient la nature impliquait de faire fi du passé et de se libérer de toutes ces valeurs auxquelles il était si attaché, ce que cet article s’attachera à démontrer en comparant les différences entre la vision de la nature nourrie par Ruskin et celle — tout aussi vive — de quelques auteurs naturalistes américains parmi les plus influents : Ralph Waldo Emerson, Henry David Thoreau, et John Muir. |
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