‘Queer Reverence’: Aubrey Beardsley’s Venus and Tannhäuser
Durant sa brève carrière, l’artiste et auteur Aubrey Beardsley qui vit son heure de gloire dans les années 1890, a cultivé une réputation de maniériste excessif qui l’a aidé à s’établir comme l’un des esthètes et des décadents dont il appréciait la compagnie et illustrait les œuvres. Son roman inach...
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| Τόπος έκδοσης: | URI:https://journals.openedition.org/cve, |
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| Κύριος συγγραφέας: | |
| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Anglais |
| Έκδοση: |
Cahiers victoriens et édouardiens
2020
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| Θέματα: | |
| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Περίληψη: | Durant sa brève carrière, l’artiste et auteur Aubrey Beardsley qui vit son heure de gloire dans les années 1890, a cultivé une réputation de maniériste excessif qui l’a aidé à s’établir comme l’un des esthètes et des décadents dont il appréciait la compagnie et illustrait les œuvres. Son roman inachevé Vénus et Tannhäuser, qualifié par Stanley Weintraub de « triomphe de l’excès », apporte la démonstration pleine et entière que Beardsley adorait choquer les lecteurs et se moquer des conventions esthétiques. La source dont il s’inspire est la légende médiévale où s’illustre un troubadour qui commet le péché de visiter le royaume souterrain où Vénus a été exilée par le Christianisme. Après y avoir séjourné quelque temps, la conscience de Tannhäuser se révolte, le poussant à quitter Venusberg et à voyager vers Rome, où il demande officiellement au pape de l’absoudre de ses péchés. Le souverain pontife le déçoit dans sa réponse : c’est seulement lorsque son propre bâton fleurira que le barde pénitent obtiendra le pardon de Dieu. De désespoir, Tannhäuser retourne auprès de Vénus, acceptant sa damnation. Puis le bâton miraculeusement fleurit, mais alors que le pape fait chercher Tannhäuser dans tout le pays, le troubadour ne peut être trouvé. Très populaire au xve siècle, l’histoire tomba dans l’oubli pendant quelques centaines d’années, jusqu’à ce qu’elle fût redécouverte par les auteurs romantiques et retravaillée régulièrement au cours du xixe siècle. Pourtant, même dans le contexte d’une longue tradition de révisions de cette légende, celles de Beardsley sont calculées pour choquer. Sa version modifie la personnalité du légendaire barde chrétien qui tente en vain de renoncer aux plaisirs païens en tant que dandy aux goûts sexuels aventureux ; lors de sa visite du royaume souterrain de la déesse exilée Vénus, il le considère comme un mélange d’Alice au pays des merveilles et de Ma vie secrète, peuplé de courtisans décadents qui festoient, jouent et s’amusent ensemble. Les critiques ont lu ce texte tour à tour comme une acceptation autobiographique de la mort ; comme la réalisation des souhaits de l’auteur ; comme une satire auto-réflexive du mouvement décadent ; comme un exposé de l’excès ; comme un contre-public décadent qui critique le nationalisme ou bien comme une réécriture parodique de Wagner qui chercherait à contrecarrer son héritage politique et esthétique. Mon analyse se concentre sur son rejet de la légende initiale et de ses thèmes centraux de la culpabilité et de la rédemption, tous deux non seulement absents mais inimaginables dans le monde du roman. Dans sa forme définitive ainsi que dans ses brouillons, le récit de Beardsley décrit seulement le royaume de Vénus. Le texte exclut ainsi le péché de l’histoire en tronquant radicalement le récit habituel promis par son titre, qui s’engage à « proposer un récit exact sur le genre d’état dirigé par Madame Vénus, Déesse et Mérétrix, sous la célèbre montagne Hörselberg, et contenant les aventures de Tannhäuser en cet endroit, sa repentance, son voyage à Rome et son retour vers la montagne de l’amour ». Cette réduction drastique du conte a pour effet non seulement de revoir mais d’inverser la morale de la légende de Tannhäuser par sa préférence pour les valeurs païennes par rapport aux valeurs chrétiennes. En excisant le voyage à Rome ainsi que la repentance induite par la culpabilité qui envoie Tannhäuser là-bas, le texte de Beardsley dénie au pape le pouvoir de condamner ou de sauver ; en même temps, il refuse de qualifier le troubadour de pécheur. En effet, l’Histoire de Vénus et de Tannhäuser ne célèbre ni le péché ni la honte, mais la « licence inépuisable » d’un monde où tous les désirs sont permis ; dans le Vénusberg, les tabous ne peuvent être enfreints, car il n’y en a aucun à enfreindre. La décision de restreindre le lieu du récit au Vénusberg opère ainsi un décalage dramatique quant à la signification de ce terrain de jeu érotique et du récit dans sa totalité ; ce premier n’est plus « l’avant » de la culpabilité auquel il faut renoncer afin de réaliser « l’après » de la pénitence. Par conséquent, le Tannhäuser de Beardsley n’a pas besoin d’être racheté et son histoire cesse d’être un récit de la conversion. En fait, le pays « sous la colline » se constitue en véritable alternative paradisiaque, un contre-public de pervers qui ensemble font fi des obligations d’hétéronormativité, tout en construisant un monde qui non seulement exclut la honte, la culpabilité et le péché mais les désavoue entièrement. |
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