La convergence des destins chez Thomas Hardy

Dans la diégèse des romans de Thomas Hardy, lorsque les mouvements convergent vers un point central, c’est que l’on approche de « ce lieu central, cette extériorité intime, cette extimité qui est la Chose » (Lacan 1986, 167). C’est que le sujet (c’est-à-dire le personnage) est tout près de toucher à...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Autor principal: Ramel, Annie
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Cahiers victoriens et édouardiens 2020
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Dans la diégèse des romans de Thomas Hardy, lorsque les mouvements convergent vers un point central, c’est que l’on approche de « ce lieu central, cette extériorité intime, cette extimité qui est la Chose » (Lacan 1986, 167). C’est que le sujet (c’est-à-dire le personnage) est tout près de toucher à Das Ding, son Autre absolu (Lacan 1986, 65), et par conséquent le seul véritable objet de son désir. C’est vrai dans tous les romans tragiques de Hardy : dans Tess of the d’Urbervilles par exemple, où Tess allongée sur une pierre à Stonehenge, bientôt cernée par les polices du royaume lancées à sa recherche, est la dernière image que nous avons d’elle. On s’intéressera aux scénarios qui font converger les destins vers ce point central, ainsi qu’aux stratégies qui tournent autour de l’objet du désir et le maintiennent à distance dans les romans non tragiques de Hardy, par exemple dans Far from the Madding Crowd. Il s’agit alors de « quérir » l’objet — le terme renvoyant à circa, le détour (Lacan 1986, 72). On montrera que l’écriture de Hardy ne se caractérise pas par la convergence mais par la divergence, l’éparpillement du sens : si les lettres mortifères peintes en rouge par un fanatique religieux touchent Tess au cœur même de son être, l’écriture poétique de Hardy ne va pas droit au but, elle ne nous assigne pas à résidence et ne nous assujettit pas à la tyrannie d’un centre. Elle met notre regard en anamorphose et fait vaciller le sens par le jeu poétique de la langue.