Révolution sociale et utopie chez les premiers Fabiens (1884-1890) : un positionnement complexe

Quarante ans après la disparition du mouvement owéniste et une dizaine d’années après la dissolution de la Première Internationale (l’AIT) au lendemain de la Commune de Paris, la Grande-Bretagne connaît un « renouveau socialiste » (Socialist Revival). C’est dans ce contexte qu’est créée la Société f...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Yazar: Terrier, Marie
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Cahiers victoriens et édouardiens 2019
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Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Quarante ans après la disparition du mouvement owéniste et une dizaine d’années après la dissolution de la Première Internationale (l’AIT) au lendemain de la Commune de Paris, la Grande-Bretagne connaît un « renouveau socialiste » (Socialist Revival). C’est dans ce contexte qu’est créée la Société fabienne en 1884. Ses membres, des réformateurs issus des classes moyennes libérales, aspirent à une révolution sociale, au sens de changement en profondeur de l’organisation économique et sociale. Alors qu’ils ont pour ambition de donner une base théorique au socialisme britannique, les Fabiens sont très tôt amenés à traiter la question des utopies. Leur positionnement est relativement ambigu. D’une part, ils cherchent ouvertement à prendre leur distance avec le socialisme dit « utopique » du début du xixe siècle et ils critiquent les méthodes des penseurs utopistes. D’autre part, ils reconnaissent une certaine valeur aux utopies dans la mesure où elles sont porteuses d’idéaux qui incitent les citoyens à changer le monde. En outre, même si les Fabiens souhaitent dépasser le mouvement owéniste, souvent qualifié d’« utopique », ils adoptent un regard bienveillant à son égard. Par ailleurs, dans la mesure où les Fabiens défendent avec conviction l’idée qu’un avenir meilleur est à portée de main, certaines de leurs idées peuvent être qualifiées d’utopiques. L’étude du positionnement des premiers Fabiens sur la question des utopies permet de souligner l’influence limitée de Marx et Engels et révèle davantage celle de John Stuart Mill. Les critiques qu’ils adressent aux utopies font également apparaître leur stratégie politique réformiste et leur vision évolutionniste du changement social.