‘Solving the problem of reality’ in Virginia Woolf’s Flush

Le personnage principal de Flush, l’épagneul d’Elizabeth Barrett Browning, apparaît comme le parangon de l’esprit victorien, en tant qu’il en incarne le traditionnel anthropomorphisme et qu’il offre un portrait décalé de sa maîtresse. Il est en outre un prétexte à une reconstruction moderniste de la...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Huvudupphovsman: Macadré, Pauline
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Anglais
Publicerad: Cahiers victoriens et édouardiens 2019
Ämnen:
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:Le personnage principal de Flush, l’épagneul d’Elizabeth Barrett Browning, apparaît comme le parangon de l’esprit victorien, en tant qu’il en incarne le traditionnel anthropomorphisme et qu’il offre un portrait décalé de sa maîtresse. Il est en outre un prétexte à une reconstruction moderniste de la société victorienne permettant une nouvelle (re)présentation littéraire du monde sensible. Flush a souvent été analysé pour sa représentation sociale du dix-neuvième siècle, l’adoption du point de vue d’un chien dénonçant l’assujettissement des femmes de l’époque et jusqu’au vingtième siècle. Depuis sa perspective édouardienne, Virginia Woolf utilise en outre Flush comme vecteur de modernité, non seulement par l’élaboration même de la biographie d’un animal qui remet en question les conventions, mais également parce que la dé-familiarisation du monde au travers du regard animal devient une tentative de « résoudre le problème de la réalité ». Le lecteur devient en effet le témoin d’une reconfiguration de la perception dès lors que les instincts primaires du chien sont ancrés dans sa chair, et que la primauté de l’odorat sur la vue déforme le monde familier. En dépit des traits humains de Flush, on assiste à un renversement qui souligne le caractère « autre » des êtres humains et réduit leur/notre langage à des signes indéchiffrables et inadéquats, incapables de saisir la réalité. La perspective de l’animal ouvre en définitive la possibilité de décrire un monde débarrassé du filtre de la conscience humaine et où la nature étrange des choses pourrait être dévoilée.