‘Subtle Instrument of Music’: Translating the Sound and Appearance of Decadence in Wilde’s Salomé
La Salomé d’Oscar Wilde fut une aventure au cœur de la décadence, de la décapitation et de la langue française. Wilde désigna le spectacle comme sa « première mise au service de l’art, de ce subtil instrument de musique qu’est la langue française » (Hart-Davis 331). Sa première représentation fut in...
Sparad:
| I publikationen: | URI:https://journals.openedition.org/cve, |
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| Huvudupphovsman: | |
| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Anglais |
| Publicerad: |
Cahiers victoriens et édouardiens
2017
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | La Salomé d’Oscar Wilde fut une aventure au cœur de la décadence, de la décapitation et de la langue française. Wilde désigna le spectacle comme sa « première mise au service de l’art, de ce subtil instrument de musique qu’est la langue française » (Hart-Davis 331). Sa première représentation fut interdite en Angleterre, elle ne put se produire sur les planches qu’en 1896 ; et même à cette date-là, la pièce se joua à Paris et non à Londres. Wilde n’allait pas se démonter pour autant ; il poursuivit sa lutte pour la publication. De fait, « indigné de cette censure philistine de son art, avec défi Wilde publia sa pièce en février 1893, enveloppée dans du ‘pourpre de Tyr’ qui seyait bien aux cheveux dorés d’Alfred Douglas » (Hoare 73). Cette entreprise, cependant, présentait d’autres problèmes. Les lecteurs anglophones ne pouvaient accéder qu’à une compréhension littérale du texte avec une traduction tout aussi littérale de l’original en français. Après deux tentatives exhaustives de traduction, chacune élaborée par des hommes qui le connaissaient (et l’aimaient) bien, Wilde admit, semble-t-il, qu’elles étaient toutes deux les meilleures possibles compte tenu des contraintes qu’imposait la censure victorienne. Les objections personnelles de Wilde aux traductions n’étaient pas l’unique problème. Dans l’Angleterre victorienne, la langue française était considérée comme tout aussi inacceptablement décadente que le spectacle. En réalité, la passion esthétique pour la langue française mène en soi à l’extrémisme du spectacle ; Salomé ne serait pas Salomé sans cela. En ayant rédigé en français et « choisi d’écrire cette version de Salomé sous forme de pièce, Wilde prolonge malicieusement la dynamique du regard esthétique, et sa lutte pour une autorité perceptive au-delà du canevas de son art » (Greger 50). L’intérêt global du spectacle ici n’est pas tout à fait la notion de passion, mais la décadence — c’est-à-dire cette imperceptible frontière qui sépare décadents et jouisseurs. Il émane de l’environnement littéraire multilingue de l’époque de multiples exemples de ceci. Le vin, les femmes, la beauté et le sexe étaient les bases d’un style de vie hédoniste que menaient ceux qui se trouvaient dans les lieux et aux époques mentionnés ci-dessus ; des coutumes évoquées à la fois à travers la voix — ou son timbre — et le sens. Wilde allait ajouter un élément significatif à cette définition moyennant son portrait de la décadence dans Salomé : la mort. Le sexe et la mort comme symboles d’actes ultimes d’auto-indulgence lorsque Salomé convoite la tête coupée d’Iokanaan. Ces actions en soi devraient être suffisamment choquantes pour inspirer les masses, mais Wilde voyait plus loin encore. Pour lui, la seule langue poétique en mesure de porter de tels excès était le français, et par ailleurs la culture française était aussi la seule suffisamment ouverte pour pouvoir les accueillir sur scène. La décadence française — la sensuelle vocalité, les différentes connotations puisées dans l’environnement littéraire polyglotte de l’époque, et les audacieuses présentations extérieures du langage parlé sur scène — se retrouve à la fois dans la voix et dans le sens en interagissant avec le sujet du spectacle, donnant lieu à la plus décadente et jouissive des créations. L’écueil global n’en demeurait pas moins la traduction. L’épreuve qu’avait constituée la traduction du spectacle en termes de langage se reflétait dans une expression du sujet hautement complaisante pour la scène anglaise, d’autant plus quand on sait quelle était la langue d’origine. |
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