The French Actor on the London Stage: Charles Fechter

Charles Fechter (1824-1879) était considéré par nombre de ses admiratrices du milieu du siècle comme le plus grand séducteur de la scène londonienne. Selon la plupart de ses biographes, l’acteur était né à Londres, mais originaire de France, où il aurait grandi. C’est à Paris qu’il débuta sa carrièr...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Autor principal: Quirk, Catherine
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Anglais
Publicado: Cahiers victoriens et édouardiens 2017
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Charles Fechter (1824-1879) était considéré par nombre de ses admiratrices du milieu du siècle comme le plus grand séducteur de la scène londonienne. Selon la plupart de ses biographes, l’acteur était né à Londres, mais originaire de France, où il aurait grandi. C’est à Paris qu’il débuta sa carrière sur scène, obtenant ses premiers succès dans les cercles d’amateurs avant de rejoindre la Comédie Française. Ayant appris seul un anglais plus ou moins courant, il retourna à Londres en 1860, se produisant sur la scène du Princess avant de prendre en charge la gérance du Lyceum Theatre en 1862. Tout au long de la décennie suivante, on allait le voir tantôt à Paris tantôt à Londres, avant qu’il ne vogue vers l’Amérique. S’il fut dans un premier temps connu dans le « théâtre légitime » – tout d’abord pour son Hamlet peu conventionnel en 1861 –, le style particulier de Fechter était jugé plus adapté au mélodrame du milieu du siècle. Le critique américain Henry Austin Clapp le décrit comme « un maître du symbolisme extérieur de l’art histrionique », et les propres annotations de l’acteur sur le texte scénique d’Othello reflètent l’accent mis dans le déploiement de son personnage sur le geste, l’attitude, le mouvement et autres marqueurs superficiels. S’il est vrai que ce choix centré sur l’extérieur était tout à fait dans l’air du temps sur les scènes des mélodrames du milieu du dix-neuvième siècle, le maniérisme français de Fechter, et tout particulièrement son accent et ses intonations auxquels il ne pouvait (ou ne voulait) totalement se soustraire, divisèrent le public et les critiques de Londres. Anticipant la dissection mordante, de la part de Clapp, de sa prononciation de certains mots, ainsi que le manque de goût avéré du public américain qui l’adopta sur le tard, certains commentateurs jugèrent les choix de l’acteur par trop (et inutilement) français et partant, impropres à la scène londonienne. D’autres rejetèrent complètement l’accent et le maniérisme, ignorant la nationalité de Fechter pour n’évaluer positivement ou négativement que son jeu d’acteur, voyant même parfois que les aspects particulièrement français de ses représentations constituaient un attrait supplémentaire de l’acteur. Parmi les personnes importantes de ce groupe tardif figurait Charles Dickens, qui avait vu et admiré le Hamlet de Fechter et ne tarda pas à inviter le Français à rejoindre son groupe de compagnons-acteurs. De nombreuses études ont porté sur les stars françaises qui se succédèrent sur les planches de Londres, comme Sarah Bernhardt et Rachel, par exemple, qui donnèrent lieu à des analyses particulièrement abondantes. Fechter, en revanche, qui avait choisi de travailler alternativement à Paris et à Londres et qui jouait à la fois en français et en anglais, n’a pas été l’objet de tant d’intérêt. À l’aide de publications de revues, de lettres et des pièces dans lesquels il joua — sans oublier les propres adaptations de Fechter et ses notes sur le texte d’Othello — je me propose d’étudier comment cet acteur souvent négligé fut à la fois accueilli comme le plus grand séducteur de la scène londonienne et considéré comme singulièrement français, et de quelle manière cette apparente contradiction est le reflet des réactions divergentes des spectateurs de la capitale anglaise contemporaine face à tout ce que leurs planches offraient de français.