Tempering Feydeau: Twisting and Guilty Pleasures on the London Stage (1893-1897)

À partir de 1892, Feydeau s’impose en France comme le nouveau maître de la comédie-vaudeville. Les théâtres londoniens cèdent à la contagion de son rire en produisant entre 1892 et 1897 quelques-unes de ses pièces, certes soigneusement sélectionnées : The Sportsman, adapté de Monsieur chasse !, The...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Hlavní autor: Heyraud, Violaine
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Anglais
Vydáno: Cahiers victoriens et édouardiens 2017
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:À partir de 1892, Feydeau s’impose en France comme le nouveau maître de la comédie-vaudeville. Les théâtres londoniens cèdent à la contagion de son rire en produisant entre 1892 et 1897 quelques-unes de ses pièces, certes soigneusement sélectionnées : The Sportsman, adapté de Monsieur chasse !, The Other Man d’après Champignol malgré lui, His Little Dodge (Le Système Ribadier), A Night Out (L’Hôtel du Libre-Échange) et A Night Session (Séance de nuit). À partir de l’examen des manuscrits soumis au bureau du Lord Chamberlain, notre article se propose d’interroger les stratégies qui permettent aux directeurs et producteurs londoniens de monter des comédies légères qui affichent, avec le nom de Feydeau, leur origine française et leur nature frivole, alors même que ce choix s’avère nécessairement risqué. Comment ne pas heurter, par ces pièces souvent fondées sur un comique grivois et subversif, un Lord Chamberlain hostile à tout signe d’immoralité ? Les manuscrits soumis à sa censure révèlent surtout, dans les textes proposés, une auto-censure préalable, perceptible aux choix des pièces présentées, et aux contorsions des adaptateurs et traducteurs : transpositions de situations, coupes, infléchissements de répliques visent à gommer ou à édulcorer les effets comiques portant sur la sexualité, mais aussi sur les clivages sociaux. Même les traductions les plus fidèles opèrent un décentrement de la situation de départ, modifiant en profondeur la réflexion menée par Feydeau sur les relations amoureuses et les rapports sociaux. Pourquoi monter ces pièces quand même et se confronter sciemment à de tels obstacles ? Peut-être l’inventivité dramatique et rythmique des pièces de Feydeau séduit-elle irrésistiblement les gens de théâtre et le public, comme l’étude de la réception le révèle. Si les adaptateurs sont souvent contraints de réduire le texte de Feydeau, ils y trouvent aussi des moyens d’insérer facilement des numéros clownesques susceptibles de plaire au public britannique.