Masques et mascarades dans Romola par George Eliot : la traversée des apparences
Entre opacité et transparence, exposition et dissimulation, le regard se heurte aux dispositifs illusionnistes qui l’égarent. Masques et mascarades théâtralisent le mensonge des apparences. Le masque n’est pas seulement celui, aisément repérable, car soigneusement codifié, des conventions sociales....
Kaydedildi:
| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/cve, |
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| Yazar: | |
| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Cahiers victoriens et édouardiens
2013
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Entre opacité et transparence, exposition et dissimulation, le regard se heurte aux dispositifs illusionnistes qui l’égarent. Masques et mascarades théâtralisent le mensonge des apparences. Le masque n’est pas seulement celui, aisément repérable, car soigneusement codifié, des conventions sociales. Il n’est pas non plus uniquement celui, exhibé, des carnavals. Il est aussi un simulacre, une énigme à déchiffrer et témoigne ainsi d’une intention de tromper et de manipuler. Dans Romola, le roman historique de George Eliot, le masque du dupeur est l’instrument privilégié de la traîtrise. Il fonctionne sur le mode de la prestidigitation, en ce qu’il repose sur le déplacement de l’attention, en fixant le regard du spectateur sur un geste spectaculaire, mais spécieux, alors que l’action véritable se joue juste à côté. Il procède d’un tour de passe-passe, d’un jeu alternatif de présence et d’absence, de plein et de vide.Savoir reconnaître le masque pour le faire tomber, mettre en évidence le masque invisible pour en faire un masque-objet repérable, contribuent à rétablir l’illusion théâtrale et la conscience du jeu entre réalité et fiction. Il s’agit pour le regard d’être à l’affût des fêlures dans la carapace, des brèches dans la surface faussement transparente pour démasquer le traître. Ce concept d’apparition, du surgissement de la faille dans le masque est illustré par la mise au jour d’un tableau du peintre Piero di Cosimo qui expose, dénude en quelque sorte la véritable personnalité du traître Tito.Le visible possède de toute évidence une grande capacité de dissimulation. Il participe du phénomène de subjection tel que l’envisage Didi-Huberman : il spectacularise, c’est-à-dire qu’il donne à voir, expose, présente au regard, tout en « plaçant par en-dessous » (sub-jectio), dissimulant « sous » le regard et instaure par là-même une tension entre épaisseur et visibilité. Placages, masque et autres artifices contribuent ainsi au feuilletage du visible. Le visible et le lisible ne sont plus réductibles l’un à l’autre, mettant à mal l’ambitieux projet de transparence de la représentation réaliste. |
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