« This narrative is my written memory » : transcrire la mémoire dans David Copperfield de Charles Dickens

L’autobiographie fictive qu’est David Copperfield paraît parfois l’œuvre d’un transcripteur, tant l’écriture semble avoir pour objet la reproduction fidèle des souvenirs, ces traces laissées par l’expérience sur le substrat qu’est la mémoire. Pourtant, cette transcription obéit à une logique créatri...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Prif Awdur: Prest, Céline
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Cahiers victoriens et édouardiens 2015
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:L’autobiographie fictive qu’est David Copperfield paraît parfois l’œuvre d’un transcripteur, tant l’écriture semble avoir pour objet la reproduction fidèle des souvenirs, ces traces laissées par l’expérience sur le substrat qu’est la mémoire. Pourtant, cette transcription obéit à une logique créatrice de la part du narrateur, ce que cet article propose d’identifier. En effet, il ne faut pas oublier que David Copperfield est le seul personnage de Dickens à se revendiquer romancier. On pourrait d’abord voir en David l’héritier des archontes grecs décrits par Derrida, ces gardiens des documents officiels à l’origine du mot « archive », qui avaient également la responsabilité de les interpréter. À travers l’écriture autobiographique et annonçant la démarche proustienne, David part à la recherche du temps perdu en exhumant les souvenirs remisés au fond de sa mémoire, devenue espace d'archives. En cela, il se fait non seulement archonte, mais archéologue, remontant les strates de la mémoire en même temps qu’il met à jour les traces de son passé et accumule les pages d'écriture. Tout en se plongeant dans son passé, David élève un palais de mémoire qui trouve ses fondations dans les lieux de son enfance, où il convoque tous les morts et disparus. L’écrivain devient alors architecte — celui qui érige des monuments, ces documents portant la mémoire.