Le Système de Glasgow : un instrument politique des débats sur la prostitution et sur les Contagious Diseases Acts (1864-1886)
Dans la seconde moitié du xixe siècle, la question du développement de la prostitution est au cœur des débats politiques en Grande-Bretagne. Pour un grand nombre d’hommes politiques, de réformateurs sociaux et de législateurs, la prostitution incarne le « grand Mal social ». Elle est considérée comm...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/cve, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Cahiers victoriens et édouardiens
2026
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| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Dans la seconde moitié du xixe siècle, la question du développement de la prostitution est au cœur des débats politiques en Grande-Bretagne. Pour un grand nombre d’hommes politiques, de réformateurs sociaux et de législateurs, la prostitution incarne le « grand Mal social ». Elle est considérée comme la cause de la propagation des maladies vénériennes, qu’il faut contrôler afin de garantir l’épanouissement social et économique de la nation britannique. Entre 1864 et 1869, le Parlement promulgue une série de lois— Contagious Diseases Acts —, qui visent à réglementer la prostitution dans les villes de garnison par la mise en place d’un contrôle sanitaire des prostituées. En Écosse, et plus particulièrement à Glasgow, ces lois ne seront jamais appliquées. Bien que la ville possède toutes les caractéristiques d’une ville de garnison, la municipalité met en place une méthode de contrôle de la prostitution inédite : le Système de Glasgow, qui repose sur l’appréhension et l’internement forcé dans des institutions totalitaires de toutes les jeunes femmes qui ne respectent pas les codes victoriens de la féminité et de la sexualité. Le Système de Glasgow, dont des milliers de jeunes femmes vont être victimes, est toutefois remis en question en Angleterre dans les années 1880, alors que le gouvernement britannique doit faire face à la montée des critiques adressées aux Contagious Diseases Acts. Lors des deux commissions parlementaires sur la question de l’abrogation de ces lois en 1881 et 1882, les témoignages des acteurs du système glasvégien sont recueillis et analysés. Ils seront repris comme exemple, modifiés et publiés dans la presse anglaise, tantôt par les défenseurs des Contagious Diseases Acts, tantôt par leurs détracteurs, qu’il s’agisse d’hommes politiques, de médecins ou d’activistes du droit des femmes comme Josephine Butler. Le Système de Glasgow alimente ainsi les débats politiques sur la question de la prostitution et de l’uniformisation des méthodes de son contrôle au Royaume-Uni. |
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