Versailles, un palais paré d’ocre, de pourpre et d’or

Versailles a toujours été considéré comme un palais aux deux visages : polychrome côté ville, mariant les tons de la pierre, de la brique et de l’ardoise, monochrome, côté jardins, dans sa majestueuse enveloppe de pierre ; archaïque dans ses contrastes côté ville, novateur dans son unité côté jardin...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/crcv,
1. Verfasser: Didier, Frédéric
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles 2010
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Versailles a toujours été considéré comme un palais aux deux visages : polychrome côté ville, mariant les tons de la pierre, de la brique et de l’ardoise, monochrome, côté jardins, dans sa majestueuse enveloppe de pierre ; archaïque dans ses contrastes côté ville, novateur dans son unité côté jardins. Des découvertes récentes sur le bâtiment lui‑même, corroborées par des recherches en archives, nous autorisent aujourd’hui à nuancer cette dichotomie par trop simpliste qui ne saurait rendre compte de l’histoire du goût sous le règne de Louis XIV, puis de ses successeurs, où la couleur a sa place dans la composition architecturale.Du Trianon de porcelaine au Trianon de marbre, des bosquets du Petit Parc au Hameau de Marie‑Antoinette, ces jeux ont été recherchés et cultivés dans toute leur expressivité. À la trilogie « bleu, blanc, rouge » du château de Louis XIII, Louis XIV n’hésite pas à ajouter l’éclat de l’or et des marbres. Au‑delà, le traitement de finition de ces matières atteste de ce goût pour les contrastes les plus affirmés : plombs dorés et étamés, briques repeintes en ocre rouge à joints blancs, et surtout les menuiseries de fenêtres, dont la teinte franche ocre jaune d’origine est bien éloignée du « ton pierre » actuel qui a succédé au gris perle du XIXe siècle.Ainsi se révèle petit à petit une image de Versailles sensiblement différente de l’idée reçue du palais classique « à la française ».