La vue d’optique, vecteur de diffusion du mythe versaillais dans la culture visuelle du xviiie siècle ?

Connaissant un succès considérable dans l’Europe de la seconde moitié du xviiie siècle, la vue d’optique a contribué à la diffusion et à l’enracinement d’un imaginaire visuel partagé des espaces urbains. Ces estampes à caractère topographique, destinées à être visualisées dans un dispositif optique...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/crcv,
Glavni autor: Daniel, Johanna
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles 2023
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Connaissant un succès considérable dans l’Europe de la seconde moitié du xviiie siècle, la vue d’optique a contribué à la diffusion et à l’enracinement d’un imaginaire visuel partagé des espaces urbains. Ces estampes à caractère topographique, destinées à être visualisées dans un dispositif optique qui accentue l’effet perspectif du paysage gravé, forment à la fois un divertissement de salon et une attraction de rue, par l’intermédiaire de montreurs d’optique itinérants. On étudiera ici la façon dont le palais et les jardins de Versailles ont été représentés dans ce genre particulier d’estampes, en questionnant au préalable les modalités de production propres à la vue d’optique, notamment dans leurs dimensions économiques et formelles. Il apparaît que les schémas iconographiques employés sont de seconde main, et reprennent des compositions gravées antérieures, inventées par les Perelle, Pierre Aveline et Jacques Rigaud. La fiabilité documentaire n’apparaît pas comme un critère déterminant dans la sélection des sources : l’effet visuel et spectaculaire prévaut. Plutôt que de façonner une représentation nouvelle ou originale de Versailles, la vue d’optique cristallise une image canonique et stéréotypée du palais et de ses jardins, participant d’une normativité du regard.