Le mythe de Versailles et l’Europe des cours, XVIIe-XXe siècle
Au sortir de l’âge féodal, les cours royales et princières constituent un phénomène européen à contenu politique, social et culturel : monopolisation du pouvoir au profit d’un seul, rassemblement d’un groupe d’individus autour du souverain et de sa famille (princes, courtisans, officiers des maisons...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/crcv, |
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| Other Authors: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles
2023
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| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Au sortir de l’âge féodal, les cours royales et princières constituent un phénomène européen à contenu politique, social et culturel : monopolisation du pouvoir au profit d’un seul, rassemblement d’un groupe d’individus autour du souverain et de sa famille (princes, courtisans, officiers des maisons domestiques et militaires), développement d’une sociabilité et d’un mode de vie spécifiques, rythmés par le cérémonial, la recherche de l’ostentation et les divertissements. Ces cours sont aussi nombreuses et diversifiées que les dynasties qui sont à leur tête ; néanmoins, certaines acquièrent une valeur normative, comme la cour de Bourgogne au XVe siècle ou les cours italiennes au XVIe siècle. Au XVIIe et plus encore au XVIIIe siècle, c’est la cour française des Bourbons, en particulier celle de Louis XIV, qui tend à prendre valeur d’archétype : à partir d’une réalité vue et vécue par les contemporains des rois de France, se construit un imaginaire qui travaille longtemps les monarchies européennes, jusqu’à la disparition de la majorité d’entre elles au début du XXe siècle, alors même que les configurations politiques changent, allant du partage du pouvoir avec les assemblées à l’instauration de républiques. Les deux éléments contradictoires mais complémentaires qui caractérisent l’idée de mythe – le réel et la reconstruction du réel – trouvent, dans le cas français, leur incarnation la plus aboutie à Versailles. À la fois espace royal, mode de gouvernement et formation sociale, Versailles est une formulation architecturale, administrative et spectaculaire du pouvoir « absolu » associé à la figure de Louis XIV. L’objectif du programme « Identités curiales et le mythe de Versailles en Europe : perceptions, adhésions et rejets (XVIIIe-XIXe siècle) », que viennent clore ce colloque et ses actes, est d’analyser le modus operandi de ce mythe de Versailles dans l’Europe monarchique des XVIIIe et XIXe siècles. Deux questions fondamentales doivent alors être posées : comment l’imaginaire suscité par Versailles auprès des contemporains qui ont fréquenté la cour sous l’Ancien Régime, puis des visiteurs venus aux XIXe et XXe siècles, s’est-il élaboré et en quoi consiste-t-il ? Et dans un mouvement de réciprocité, comment cet imaginaire a-t-il pu se mettre en œuvre dans les cours d’Europe, avec toutes les nuances possibles, allant de l’imitation au rejet en passant par la simple adhésion ? L’enjeu est ici donc double : cerner comment les différents aspects propres à l’identité de Versailles ont pu nourrir un imaginaire, mais aussi saisir la manière dont cet imaginaire a pu susciter d’autres réalisations – architecturales, rituelles, politiques. Présentation du colloque sur le site du Centre de recherche du château de Versailles Programme du colloque (PDF) Livret de présentation des interventions et des participants au colloque (PDF) At the end of the feudal period, in Europe, there emerged a new phenomenon of royal and princely courts that had political, social and cultural ramifications: the monopolisation of power for the benefit of a single person; the convergence of a group of individuals around a sovereign and his or her family (princes, courtiers, officers of domestic and military households); the development of a specific sociability and lifestyle marked by ceremony, a desire for ostentatious display and entertainments. These courts were as numerous and diverse as the dynasties at their head; nevertheless, some of them acquired a normative value, such as the fifteenth-century court of Burgundy and the sixteenth-century Italian courts. In the seventeenth century, and above all in the eighteenth, the French court of the Bourbons, in particular that of Louis XIV, began to acquire an archetypal value: growing out of a reality that was seen and experienced by the contemporaries of the kings of France, a mythology was created that obsessed European monarchies for a long time, up until most of them disappeared at the beginning of the twentieth century, at a time when political configurations were changing, ranging from power sharing to the assemblies that emerged with the creation of republics. The two contradictory but complementary elements that characterise the idea of myth – the real and the reconstruction of the real – found, in the case of France, their most complete embodiment in Versailles. Simultaneously a royal space and a mode of government and social formation, Versailles was an architectural, administrative and visual formulation of ‘absolute’ power linked with the figure of Louis XIV. The aim of the programme ‘Court identities and the myth of Versailles in Europe: perception, adherence and rejection (18th-19th century)’, which this symposium and its proceedings conclude, is to analyse the modus operandi of this myth of Versailles in the monarchical Europe of the eighteenth and nineteenth centuries. Two fundamental questions must be asked: how did the mythology created by Versailles among the contemporaries who frequented the court during the Ancien Régime and later among the visitors who went there in the nineteenth and twentieth centuries develop and what did it consist of? And in a reciprocal movement, how was this mythology implemented in the courts of Europe, with all the possible nuances, ranging from imitation and simple approval to rejection? There is thus a twofold issue here: understanding how the different aspects specific to the identity of Versailles were able to feed into a mythology, and understanding how this mythology gave rise to other realisations – architectural, ritual and political. Presentation of the symposium on the Centre de Recherche du Château de Versailles website Symposium programme (PDF) Booklet presenting the papers and the symposium participants (PDF) |
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