Archiver la Cour, XIVe-XXe siècle
Quelle place tient l’écrit à la cour, cet espace associé ordinairement au geste cérémoniel et à l’échange verbal ? Poser cette question permet d’approcher à nouveaux frais la nature de la cour, abstraction manipulée par tant de discours, mais qui est aussi un agrégat de pratiques : regarder l’écrit...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/crcv, |
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| Autres auteurs: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles
2019
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Quelle place tient l’écrit à la cour, cet espace associé ordinairement au geste cérémoniel et à l’échange verbal ? Poser cette question permet d’approcher à nouveaux frais la nature de la cour, abstraction manipulée par tant de discours, mais qui est aussi un agrégat de pratiques : regarder l’écrit et les logiques propres de ses apparitions et de ses sédimentations est en effet une voie pour tenir ensemble cette double nature. De cette question initiale posée en 2015 lors d’une première journée d’études qui s’était tenue à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, et de la confrontation de différents types d’écrits, a émergé une problématique centrée sur l’archivage de la cour – développée notamment lors d’une seconde journée d’études, qui s’est tenue à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée en 2016. Fixant, chacun à leur manière, des états de la cour, de multiples écrits curiaux tiennent en effet à des pratiques d’archivage dont ce dossier – réunissant les contributions révisées de ces deux journées – s’attache à mettre en lumière les modalités et les finalités. Comment la cour se trouve-t-elle instituée par de telles pratiques ? Et comment agissait-on à la cour en l’archivant ? La notion d’archivage permet dès lors à la fois d’analyser la cour comme réseau d’écrits tantôt mis en réserve, tantôt mis en lumière, et d’étudier ensemble des séries d’archives et des écrits qui participent – de fait ou selon une logique explicite – à l’institutionnalisation de la cour – sans essentialiser pour autant une culture écrite spécifique à la cour. Par archivage, on entend donc aussi bien la mise en œuvre, dans un document singulier, d’une démarche de relation ou d’inventaire, que la production organique d’une série documentaire, ou bien encore des opérations de réagencement après coup sous forme de collection ou de compilation. Ce dossier permet ainsi de décloisonner deux traditions d’étude elles-mêmes fondées sur des traditions documentaires – la réflexion sur le pouvoir de fixation de l’écrit et celle qui porte sur les modes et les usages de l’accumulation et de la conservation organisées des pièces liées aux procédures. Considérer la cour au prisme de l’archivage implique également de tenir ensemble des temporalités différentes, ce qui a incité à adopter une perspective de longue durée – de l’essor documentaire des cours aux XIVe-XVe siècles à leur réinvention post-révolutionnaire. Cette chronologie permet autant de mettre au jour les jeux sur le temps de l’action et celui de la mémoire que d’insister sur les moments forts de réagencement archivistique comme moments de réinvention de la cour. Au final, multiplicité des acteurs, profusion des objets et des supports témoignent simultanément de la mise en place de pratiques réglées d’archivage, de la diversité des foyers de l’archivage et, même, de la perpétuation de trous de mémoire – ce qui participe de l’identité socio-politique curiale et, donc, des logiques de gouvernement de la cour et par la cour. Voir les programmes des journées d'études : – « Cultures écrites à la cour (XVIIe-XVIIIe siècle) : définitions et usages des écrits de cour », 19 juin 2015, université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – « Archiver la cour (XIVe-XXe siècle) », 4 novembre 2016, université Paris-Est Marne-la-Vallée What place did the written word have at court, a space generally associated with ceremonial gestures and verbal exchanges? Asking this question makes it possible to freshly approach the court’s nature, an abstraction manipulated by numerous discourses, but also an aggregation of practices: looking at the written word and the rationale of its manifestations and sedimentations is a way of studying both aspects of this dual nature together. From this initial question asked in 2015 during the first study day, held and the University of Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, and from the different types of writings, a problem centred on court archiving emerged, notably developed during the second study day, held at the University of Paris-Est Marne-la-Vallée in 2016. Each of the many courtly writings fixed, in their own way, the state and functioning of the court, a result of the archiving practices that this report – containing the revised contributions of these two days – seeks to highlight, both in terms of archiving’s modalities and objectives. How do such practices establish the court? How could one act within the court by archiving it? Thus, the notion of archiving makes it possible to both analyse the court as a collection of writings, sometimes held in storage, sometimes well known, and to study the series of archives as a whole and the writings that contribute – de facto or according to a clear rationale – to the court’s institutionalization, without essentializing a written culture specific to the court. By archiving, we mean both the implementation, in a singular document, of a narrative or inventory-taking approach, as well as the administrative production of a series of documents, or even reordering operations after the fact in the form of a collection or compilation. This report makes it possible to decompartmentalize two traditions of study that are themselves based on documentary traditions – consideration on the fixing power of the written word and reflection on the modes and uses of the organized accumulation and conservation of documents related to procedures. Considering the court through the prism of archiving also implies bringing together different temporalities, leading to a long-term perspective – from the development of court documentation in the fourteen and fifteenth centuries to its post-revolutionary reinvention. This chronology makes possible the highlighting of the way things were done both at the time of the endeavour and its recording, as it underlines the important moments of archival reordering as occasions for court reinvention. Finally, the many actors, the abundance of objects and media simultaneously reflect the implementation of regulated archiving practices, the diversity of archival areas, and even, the perpetuation of memory holes, which contributes to courtly socio-political identity, and thus to the rationale of the government of the court and by the court. See the the study days programmes: – “Written Cultures at Court. Definitions and Uses of Court Writings (Seventeenth–Eighteenth Century)”, 19 June 2015, University of Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – “Archiving the Court (Fourteenth–Twentieth Century)”, 4 November 2016, University Paris-Est Marne-la-Vallée |
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