Paraphrases artistiques ou contre-images politiques ? Les empereurs et les rois de France dans des gravures parallèles

Dans les gravures du xviie siècle, on trouve des portraits des Habsbourg et des rois de France sous des formes généralement identiques. On peut y voir des influences artistiques, mais aussi, dans un contexte de rivalité de ces deux puissances européennes, un message politique. Ainsi, le projet d’Ant...

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הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/crcv,
מחבר ראשי: Polleross, Friedrich
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles 2022
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גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Dans les gravures du xviie siècle, on trouve des portraits des Habsbourg et des rois de France sous des formes généralement identiques. On peut y voir des influences artistiques, mais aussi, dans un contexte de rivalité de ces deux puissances européennes, un message politique. Ainsi, le projet d’Antoine de Laval pour la Petite Galerie du Louvre en 1600 paraphrase les Imagines Gentis Austriacae de Francesco Terzio. En 1593, Antonio Tempesta crée un portrait équestre d’Henri IV, qui est repris dix ans plus tard pour un portrait de Rodolphe II par Aegidius Sadeler. En 1614, ce dernier grave un portrait allégorique de l’empereur Matthias, dont Crispijn de Passe II reprend la composition pour un portrait de Louis XIII. Dans le contexte des mariages de 1615, le symbolisme espagnol est repris par l’iconographie royale française : une gravure de Pierre Firens montre les deux couples surmontant les quatre parties du monde ; en 1625, de Passe utilise le même motif pour honorer Louis XIII sur la page de titre des États, empires, royaumes et principautés du monde. Quand Matthäus Merian exécute en 1628 une page de titre pour une nouvelle édition de la Cosmographie de Sebastian Münster, il copie encore cette composition, mais en remplaçant le roi par l’empereur. Le portrait de Louis XIII par Jeremias Falck en 1643 est repris en 1653 par Jacob von Sandrart pour un portrait de Ferdinand III. En 1687, un graveur viennois paraphrase le portrait équestre de Louis XIV dessiné pour la thèse de Jacques-Nicolas Colbert par Charles Le Brun pour une thèse hongroise en l’honneur de l’empereur. Le thème le plus important dans cette guerre des images est le symbolisme solaire que l’on retrouve entre autres par Claude-François Menestrier en 1689 dans l’Histoire du Roy Louis le Grand Par les Medailles… Dix ans après, un jésuite autrichien fait faire une paraphrase de cette image où Léopold Ier remplace Louis XIV. En 1697, l’éditeur Henri Bonnart publie une gravure du Grand Dauphin avec un petit portrait de sa femme ; vers 1699 il réutilise le cuivre ou du moins la composition pour un portrait du roi romain Joseph Ier avec un petit portrait de sa femme.