Les marbres et jaspes siciliens utilisés dans la pratique décorative à « marmi mischi »

Depuis l’Antiquité classique, la Sicile est bien connue pour l’abondance de ses marbres d’une rare beauté et d’une grande valeur (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre XVI ; Juvénal, Satires ; Ateneo, Deopnosophiste). C’est au début du xviie siècle, c’est-à-dire au moment de l’éclosion d...

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Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/crcv,
Autores principales: Montana, Giuseppe, Gagliardo Briuccia, Valentina
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles 2016
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Depuis l’Antiquité classique, la Sicile est bien connue pour l’abondance de ses marbres d’une rare beauté et d’une grande valeur (Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre XVI ; Juvénal, Satires ; Ateneo, Deopnosophiste). C’est au début du xviie siècle, c’est-à-dire au moment de l’éclosion du goût décoratif baroque, que l’extraction des marbres polychromes et des jaspes multicolores s’accroît considérablement. Très abondants en Sicile occidentale, ces matériaux sont utilisés pour la décoration des églises et des palais.Les décors à commesso en marbre, autrement dits « marmi mischi e tramischi », se retrouvent en particulier dans les églises baroques à Palerme, à Messine, à Catane et à Trapani. Au même titre que les stucs, les décors à marmi mischi sont considérés comme l’innovation la plus importante apportée par la culture sicilienne à l’art européen. Ce phénomène voit son origine dans les échanges commerciaux entre la Sicile et la Toscane dès la seconde moitié du xve siècle. En effet, l’importation du marbre blanc statuaire des Apennins a favorisé l’apprentissage de la marqueterie toscane en Sicile. La diffusion des marbres et des jaspes siciliens en Toscane, ainsi qu’à Rome, à Naples et à Gênes a perduré pendant les deux siècles suivants.L’article offre une synthèse concise des résultats principaux d’une recherche complète. Il est structuré en quatre parties : étude des documents et des textes anciens qui contiennent tous genres d’informations sur les matériaux et les objets ; étude et classification des collections lithiques des xviiie et xixe siècles ; reconnaissance des matériaux utilisés dans les églises et dans les palais siciliens ; localisation des anciennes carrières et évaluation d’une nouvelle exploitation.