La militarisation de l'humanitaire : l'exemple somalien

“L'opinion publique internationale” a découvert, ou redécouvert le drame somalien à l'automne 92 aux vues des reportages soulignant les efforts des organisations humanitaires, et commentant l'intervention des forces de l'ONU à fin de la même année. Mais à se réjouir trop rapideme...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Auteur principal: Marchal, Roland
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cultures & conflits 2006
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:“L'opinion publique internationale” a découvert, ou redécouvert le drame somalien à l'automne 92 aux vues des reportages soulignant les efforts des organisations humanitaires, et commentant l'intervention des forces de l'ONU à fin de la même année. Mais à se réjouir trop rapidement de ces interventions “salvatrices” on finit par oublier ou tout simplement occulter le rôle pour le moins ambigu joué par les organisations humanitaires, et l'action humanitaire en générale, en Somalie. La présence d'organisations humanitaires dans le pays n’est pas récente, loin s'en faut, puisqu'elles datent de la guerre avec l'Ethiopie. L'aide humanitaire a été associée à la stratégie politique et militaire du régime autoritaire et lui a servi de ressource d'appoint, par le détournement de l'aide notamment. L'aspect caractéristique de l'exemple somalien réside dans l'extrême complaisance des donateurs face au régime en place. A La chute du régime en 1991 le rôle joué par les ONG, peu nombreuses il est vrai, n'est pas moins ambigu, puisqu'elles ont contribué, certes involontairement, à l'économie politique du conflit. Enfin, l'intervention militaire onusienne et le retour massif d'une aide humanitaire excluant totalement la dimension politique, militaire et social, pour privilégier dans un premier temps uniquement la lutte contre la famine, n'a fait que fragiliser et détériorer la situation.