Gouverner par temporalités différenciées : délais procéduraux et violence institutionnelle aux frontières extérieures européennes
Cet article analyse les temporalités administratives de la gestion migratoire européenne comme une forme de violence institutionnelle exercée à l’encontre des personnes en quête de mobilité. En comparant la politique des visas Schengen, marquée par l’attente, et la procédure de filtrage aux frontièr...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/conflits, |
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| Auteurs principaux: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Cultures & conflits
2026
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Cet article analyse les temporalités administratives de la gestion migratoire européenne comme une forme de violence institutionnelle exercée à l’encontre des personnes en quête de mobilité. En comparant la politique des visas Schengen, marquée par l’attente, et la procédure de filtrage aux frontières extérieures européennes prévue par le nouveau Pacte sur la Migration et l’Asile, marquée par l’urgence, l’article met en évidence que les délais ont trois effets propres : l’immobilisation, la discrimination et la dépolitisation. L’attente prolongée, dans le cas des visas, comme l’expédition des décisions, dans le cas du filtrage, relèvent de stratégies délibérées de découragement des mobilités. De même, les délais différenciés selon l’origine nationale ou sociale dans l’une ou l’autre procédure contribuent à trier les migrants « désirables » et « indésirables », et participent à une dépolitisation de l’imperméabilité des frontières, en limitant les possibilités de recours ou de contestation. Contribuant aux travaux sur les logiques temporelles du contrôle migratoire, cette comparaison prouve l’intérêt d’analyser la durée des procédures comme marqueur de la violence institutionnelle propre aux politiques européennes. |
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