Gouverner la menace intérieure
Les sociétés démocratiques modernes sont supposées pacifiées. Il en résulte schématiquement que les domaines de la guerre et de l’ennemi sont expulsés vers l’extérieur et que, dans l’ordre interne, il ne peut y avoir que des citoyens et un seul adversaire : le criminel. Il suffit toutefois de se pen...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/conflits, |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Cultures & conflits
2025
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| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Les sociétés démocratiques modernes sont supposées pacifiées. Il en résulte schématiquement que les domaines de la guerre et de l’ennemi sont expulsés vers l’extérieur et que, dans l’ordre interne, il ne peut y avoir que des citoyens et un seul adversaire : le criminel. Il suffit toutefois de se pencher un instant sur les conflictualités contemporaines pour constater à quel point cette partition peut se révéler fragile. Ce sont ces zones de tension que se propose d’explorer ce numéro, à la croisée de la science politique et de l’histoire, en s’intéressant à des configurations spécifiques où les États sont confrontés à des formes de contestation qui brouillent les frontières entre le criminel et l’ennemi. À partir de cas qui courent du début du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, de l’Argentine aux États-Unis, en passant par l’Espagne, la Suisse ou la France, il s’agit de proposer une sociohistoire du « gouvernement de la menace », c’est-à-dire des multiples manières par lesquelles ceux qui agissent et parlent au nom de l’État font face à des tentatives de subversion de l’ordre social et politique dont ils se considèrent les garants. Modern democratic societies are often assumed to be pacified. Schematically, this implies that the realms of war and enmity are pushed outward, while within the internal order there remain only citizens and a single legitimate adversary: the criminal. Yet even a brief look at contemporary conflicts reveals the fragility of this division. It is these zones of tension that this issue seeks to explore, at the intersection of political science and history. It focuses on specific situations in which states confront forms of dissent that blur the boundaries between the criminal and the enemy. Drawing on cases ranging from the early nineteenth to the mid-twentieth century and from Argentina to the United States, including Spain, Switzerland, and France, the aim is to offer a social history of the “government of threat”: the multiple ways in which those who act and speak on behalf of the state respond to attempts to subvert the social and political order they seek to protect. |
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