Refuser le défaitisme face au secret : stratégies de recherche pour les sciences sociales de l’international

La politique internationale et, plus largement, les phénomènes et processus internationaux demeurent sous-étudiés par les sciences sociales, notamment parce que les terrains de l’international sont réputés plus ou trop difficiles d’accès. Sans nier les difficultés rencontrées, cet article entend réc...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Autor principal: Pouponneau, Florent
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Cultures & conflits 2021
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:La politique internationale et, plus largement, les phénomènes et processus internationaux demeurent sous-étudiés par les sciences sociales, notamment parce que les terrains de l’international sont réputés plus ou trop difficiles d’accès. Sans nier les difficultés rencontrées, cet article entend récuser le défaitisme méthodologique dans l’analyse des relations internationales. Pour ce faire, il décrit une série de stratégies de recherche qui ont permis, sur des terrains jugés particulièrement « sensibles » et fermés (« la non-prolifération nucléaire », les interventions militaires et « la lutte contre le terrorisme »), de saisir du supposé secret et de procéder à des analyses théoriques fondées sur une forte assise empirique. En soulignant que les pratiques présentées comme « secrètes » sont nombreuses à se donner à voir constamment, il revient d’abord sur tout ce que peut apprendre une analyse fine des sources ouvertes sur la fabrication des politiques dites de sécurité et le fonctionnement de l’État. Il indique ensuite quelques « ficelles » aidant à rendre fructueux des entretiens avec des spécialistes de l’élaboration d’« éléments de langage » habitués à déformer, omettre et dissimuler par souci du secret. Enfin, en rappelant que la politique internationale, comme le reste des phénomènes sociaux, s’explique en faisant preuve d’imagination sociologique, l’article se termine en relativisant les effets induits par le non-accès à certaines informations.