Manifestations ouvrières et théories de la violence : 1919-1934

Certaines composantes du mouvement ouvrier français se réclament explicitement de la violence à deux reprises, de 1919 au début des années trente. Il s'agit des syndicalistes révolutionnaires au sortir de la guerre puis du Parti communiste entre 1929 et 1931. Ce texte analyse les finalités que...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Auteur principal: Tartakowsky, Danielle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cultures & conflits 2005
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Certaines composantes du mouvement ouvrier français se réclament explicitement de la violence à deux reprises, de 1919 au début des années trente. Il s'agit des syndicalistes révolutionnaires au sortir de la guerre puis du Parti communiste entre 1929 et 1931. Ce texte analyse les finalités que ces organisations assignent à la violence, en compare les termes et s'interroge sur les relations qu'entretiennent leur théorisation et la violence effective de certaines manifestations ouvrières qui se déploient ces années durant. Il en ressort que le discours tenu sur la violence prolétarienne remplit, en dernière analyse, le rôle de mythe substitutif à celui de la grève générale ; au prix d'un déplacement de l'usine vers la rue et malgré le caractère antagonique des stratégies censées sous-tendre l'une et l'autre. Par quoi le rapport communiste à la violence relèverait alors moins du syndicalisme-révolutionaire en acte que des conceptions soréliennes, nonobstant la stratégie dont il se réclame explicitement. La violence effective s'inscrit quant à elle, d'abord et avant tout, dans une tradition de lutte ouvrière qui anticipe toute théorisation. Elle demeure, ces années durant, globalement conforme aux réflexions soréliennes qu'elle a suscitées et conserve une assise géographique (et, nous semble-t-il, sociologique) héritée de l'avant guerre.