Le « Jeu de l'amour » : trajectoires sacrificielles et usages stratégiques des martyrs dans le mouvement sikh pour le Khalistan

Si le Panth sikh a connu ses premiers martyrs dès le xviie siècle, ce n’est qu’au xixe que le mouvement de réforme socio-religieuse des Singh Sabhas a formalisé un idiome du martyre sikh, édictant les (bonnes) manières de pratiquer et d’évoquer la mort volontaire dans le sikhisme. Ces codes pragmati...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Glavni autor: Gayer, Laurent
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Cultures & conflits 2006
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Si le Panth sikh a connu ses premiers martyrs dès le xviie siècle, ce n’est qu’au xixe que le mouvement de réforme socio-religieuse des Singh Sabhas a formalisé un idiome du martyre sikh, édictant les (bonnes) manières de pratiquer et d’évoquer la mort volontaire dans le sikhisme. Ces codes pragmatiques et discursifs ont été appropriés par les mouvements révolutionnaires sikhs (tels que le Ghadr, au début du xxe siècle) et surtout par le mouvement sécessionniste pour le Khalistan. Chez les Khalistanis, le martyre présente une profonde ambiguïté, puisque le désir de mort des combattants sikhs à longtemps constitué un obstacle à l’adoption d’une stratégie insurrectionnelle cohérente par les leaders des groupes armés. Lors de la commémoration de la lutte armée, en particulier sur l’Internet, ces suicides anomiques à peine voilés ont été reconstruits par les entrepreneurs identitaires sikhs comme des sacrifices offerts à la nation, dépouillés de leur dimension profondément individualiste.