Les recours à l’état d’exception sous le régime franquiste (1956-1975)

L’article vise à éclairer le recours à l’état d’exception (estado de excepción) par le régime autoritaire espagnol de Francisco Franco (1936-1975). Entre 1956 et jusqu’à la mort de Franco en 1975, ce ne sont pas moins de onze états d’exception qui ont été déclarés. Pourquoi et comment, dans les anné...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Autor principal: Guittet, Emmanuel-Pierre
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Cultures & conflits 2019
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’article vise à éclairer le recours à l’état d’exception (estado de excepción) par le régime autoritaire espagnol de Francisco Franco (1936-1975). Entre 1956 et jusqu’à la mort de Franco en 1975, ce ne sont pas moins de onze états d’exception qui ont été déclarés. Pourquoi et comment, dans les années 1950 et suivantes, ce régime a-t-il eu recours aux pouvoirs d’urgence et aux lois martiales à l’encontre de manifestations ouvrières, estudiantines et indépendantistes ? De toute évidence, l’utilisation de pouvoirs d’urgence répondait à la raison d’être même du régime autoritaire espagnol. Débarrasser la population de tous ses éléments subversifs, restaurer et protéger l’unité de la nation étaient consubstantiels à l’idéologie du régime et de ses structures. Pourtant, l’utilisation des pouvoirs d’urgence par le régime franquiste ne peut être dissociée du contexte politique ouvert à la fin de la seconde guerre mondiale avec le triomphe de la démocratie libérale. Nous suggérons dans cet article que l’utilisation des pouvoirs d’urgence peut se lire à l’aune de la quête de reconnaissance internationale du régime franquiste. Il s’agit des lors d’interroger la nature symbolique de la promulgation de l’urgence et de la lire comme une réaffirmation de l’autorité souveraine, une tentative de faire oublier les origines et les brutalités d’un régime né d’un coup d’État.