Gouverner par les morts et les mots. Quand le passé colonial et la « culture » immigrée deviennent une priorité municipale
17 octobre 2011. Dans les Hauts-de-Seine et en région parisienne, les commémorations du massacre des Algériens marquent l’apogée d’une forme d’institutionnalisation du souvenir de la colonisation. Par leur durée et leur ampleur, les cérémonies questionnent la séquence d’ascension de ce passé en terr...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/conflits, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Cultures & conflits
2017
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | 17 octobre 2011. Dans les Hauts-de-Seine et en région parisienne, les commémorations du massacre des Algériens marquent l’apogée d’une forme d’institutionnalisation du souvenir de la colonisation. Par leur durée et leur ampleur, les cérémonies questionnent la séquence d’ascension de ce passé en terre socialiste et communiste. Détour par Nanterre : exceptionnelle pour son histoire immigrée et ses bidonvilles, la commune l’est aussi pour la longévité du silence politique entourant le massacre. Les ressorts et les réussites de la patrimonialisation y sont éclairants : la rapide transformation sociale et urbaine du bastion communiste (depuis 1935) croise le renouvellement des élites locales et d’un tissu militant et associatif de quartier de plus en plus mobilisé autour de son passé. Pour le microcosme politique nanterrien, ce passé ressoude et valorise une identité désormais commune et fédératrice que l’identité ouvrière et communiste n’est plus en mesure d’assurer. L’exemple des luttes pour une école « Abdelmalek Sayad » et en mémoire d’Abdennbi Guémiah, lycéen de Nanterre tué au début des années 1980, illustre finalement le caractère surgénérateur de ces revendications aux appropriations diverses, locales et populaires, nationales et intellectuelles. En peu de temps, le patrimoine local immigré devient un élément central du jeu politique : parce qu’il permet d’affirmer symboliquement le renouvellement du pouvoir et qu’il affiche le dépassement d’une histoire longtemps conflictuelle. Derrière les morts et les mots, la brusque ascension du passé de l’immigration éclaire autrement le profond bouleversement social, culturel et militant, et les jeux de clientèle en banlieue. |
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