L’Organisation internationale pour les migrations et le gouvernement international des frontières

Les premières recherches sur la question de la mondialisation considéraient cette dernière comme une tendance forte rendant progressivement obsolètes les frontières des États. Cette vision a récemment été remise en question par de nouvelles analyses suggérant que la mondialisation et la (re)frontiér...

Ful tanımlama

Kaydedildi:
Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Asıl Yazarlar: Andrijasevic, Rutvica, Walters, William
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Cultures & conflits 2012
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Diğer Bilgiler
Özet:Les premières recherches sur la question de la mondialisation considéraient cette dernière comme une tendance forte rendant progressivement obsolètes les frontières des États. Cette vision a récemment été remise en question par de nouvelles analyses suggérant que la mondialisation et la (re)frontiérisation évoluent souvent de pair pour culminer en une sorte de mondialisme clôturé (gated globalism). Le rôle joué par certaines agences internationales dans le façonnage des normes et des formes du régime de contrôle des frontières tel qu’il émerge a été quelque peu négligé. Pour tenter de répondre, partiellement, à cette lacune, cet article analyse plus particulièrement l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et son implication dans la promotion de ce qu’elle nomme une meilleure «gestion des frontières». L’étude de l’OIM est intéressante car elle illustre comment le contrôle des frontières est devenu un objet d’expertise technique et d’intervention au sein de programmes et de plans d’envergure internationale. L’article aborde dans un premier temps les récents travaux sur la gouvernementalité néolibérale en ce qu’ils permettent d’éclairer les formes de pouvoir et les mécanismes d’influence subtils qui caractérisent les tentatives de l’OIM d’inclure des éléments de gestion dans les politiques frontalières de pays aussi divers que l’Arménie, l’Ethiopie et la Serbie. Dans un second temps, cet article s’intéresse au gouvernement international des frontières et aux pratiques diverses et hétérogènes qui le caractérisent, allant de l’accueil de séminaires de formation pour les agents locaux de sécurité et d’immigration à la promotion de plans d’achat et d’installation de matériel de surveillance à la pointe de la technologie. Cela nous permettra d’observer en des termes matériels comment le projet de transformation de la frontière en un problème de «gestion» entre en conflit avec une perception des frontières en tant que lieu politique et de luttes sociales.