L’hyperpolitique du « Plus jamais ça ! » : demandeurs d’asile soudanais, turbulence gouvernementale et politiques de contrôle des réfugiés en Israël

Depuis le début de l’année 2007, près de 10 000 hommes, femmes et enfants africains – pour la plupart originaires du Darfour, du Sud Soudan et de l’Erythrée – ont traversé la longue et poreuse frontière égypto-israélienne, et ont demandé l’asile aux portes méridionales du territoire israélien. En Is...

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Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Main Author: Willen, Sarah S.
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Cultures & conflits 2009
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Depuis le début de l’année 2007, près de 10 000 hommes, femmes et enfants africains – pour la plupart originaires du Darfour, du Sud Soudan et de l’Erythrée – ont traversé la longue et poreuse frontière égypto-israélienne, et ont demandé l’asile aux portes méridionales du territoire israélien. En Israël, ces arrivées ont fait l’objet d’une grande attention, d’importantes controverses et mobilisations, face auxquelles la réaction de l’Etat s’est caractérisée par une confusion conceptuelle, pratique et politique considérable, ou une « turbulence » (unruliness) gouvernementale. La turbulence de cette réponse étatique a certes été influencée par certaines positions nationalistes – dont l’auto-définition d’Israël comme « Etat juif et démocratique » fondée sur une approche démographique, et ses « inquiétudes démographiques » face à l’éventualité d’un afflux plus important de réfugiés. Mais elle a également été déterminée par le fait que certains de ces demandeurs d’asile ont vécu des événements lus comme faisant écho à la mémoire collective juive-israélienne de la Shoah ou l’Holocauste : ceux qui ont fui ce que la communauté internationale appelle le « génocide du Darfour ». En explorant à la fois le pouvoir et les limites de cette analogie historique efficace, l’article cherche à explorer l’ambiguïté symbolique des pratiques de circulation migratoire et la façon dont les acteurs locaux répondent aux processus contemporains de demande d’asile – ainsi qu’aux formes de violences étatiques qui peuvent y répondre – en « raisonnant à travers l’histoire » de manières sensiblement différentes.