Pénalisation de la circulation et reconfigurations de la frontière : le maintien des étrangers en « zone d’attente »

Dans les pays occidentaux, le contrôle des frontières et la construction des « camps d’étrangers » témoignent de nouvelles distributions du pouvoir qui passent par l’accès à la mobilité. Celles-ci impliquent non seulement des transformations matérielles et technologiques de la frontière, son renforc...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Auteur principal: Makaremi, Chowra
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cultures & conflits 2009
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Dans les pays occidentaux, le contrôle des frontières et la construction des « camps d’étrangers » témoignent de nouvelles distributions du pouvoir qui passent par l’accès à la mobilité. Celles-ci impliquent non seulement des transformations matérielles et technologiques de la frontière, son renforcement ou sa disparition, qui organisent la circulation et son entrave institutionnalisée, mais produisent  également de nouveaux espaces : des espaces paradoxaux d’enfermement sans dehors et de déplacement sans lieu d’arrivée. C’est sur cette piste de recherche que nous a conduit une observation empirique dans un centre de détention pour étrangers « non-admis » en France et pour demandeurs d’asile à la frontière : la « Zone d’attente pour personnes en instances » (Zapi) de l’aéroport de Roissy. Dans cette zone particulièrement complexe, le dispositif de contrôle, les procédures de « maintien en zone d’attente » et de refoulement donnent à voir une frontière qui – contrairement à ce que laissent croire les effets d’annonce politiques et la raison policière – est loin de se refermer sur un espace national homogène qu’elle viendrait clore et garder. Au contraire, elle semble, d’une part, ouvrir sur un espace – extra-étatique – de déambulation, qui enferme les voyageurs dans des itinéraires multiples et une série de passages. D’autre part, elle participe d’un réseau frontalier à l’intérieur du territoire, qui saisit les individus dans des espaces de suspension administrative (celle du « demandeur d’asile-sans papier » mis sous procédure d’asile prioritaire) et des espaces, interdépendants, d’enfermement (le centre de rétention administrative, la zone d’attente, la prison de droit commun). Comment se met en place ce dispositif qui réactive les frontières nationales à l’intérieur de l’espace social ?