La gestion des galères de Savoie. 1560-1637. Aspects administratifs et comptables

Charles III duc de Savoie se retrouve après une série de défaites contre les Bernois et contre François I pratiquement dépouillé de ses Etats. A sa mort en 1553 il n’est plus maître que de Nice et de Verceil dans le nord du Piémont. L’Etat savoyard est sur le point de disparaître. La difficile succe...

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প্রকাশিত:URI:https://journals.openedition.org/comptabilites,
প্রধান লেখক: Bottin, Michel
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: Comptabilités 2012
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সংক্ষিপ্ত:Charles III duc de Savoie se retrouve après une série de défaites contre les Bernois et contre François I pratiquement dépouillé de ses Etats. A sa mort en 1553 il n’est plus maître que de Nice et de Verceil dans le nord du Piémont. L’Etat savoyard est sur le point de disparaître. La difficile succession revient à son fils Emmanuel Philibert. Le nouveau duc est alors lieutenant de Philippe II dans la guerre qu’il mène contre les Français. Le 10  août 1557 il gagne une bataille décisive à Saint-Quentin. La paix du Cateau-Cambrésis qui clôt cette guerre en 1559 permet à Emmanuel Philibert de recouvrer ses Etats. C’est avec une ambition nouvelle que le duc reprend le pouvoir. Il rêve de bâtir un Etat moderne et efficace pour servir une diplomatie ambitieuse. Celle-ci passe par une présence sur la scène méditerranéenne occidentale où se déroule depuis le début du siècle un conflit majeur entre les puissances chrétiennes et l’Empire ottoman. Les incidents sont permanents et chaque campagne annuelle se termine par une formidable bataille navale opposant  deux voire trois cents galères. Année après année les Turcs progressent. Le duc souhaite mettre son poids de puissance moyenne dans la balance et devenir ainsi un allié privilégié de l’Espagne. Pour cela il lui faut des galères et un port bien protégé pour les abriter. C’est-à-dire beaucoup d’argent. La rénovation fiscale qu’il entreprend et une bonne gestion des droits indirects permettront de faire cet effort. Le budget des galères occupe ainsi une place non négligeable dans les finances de l’Etat. Autant dire que le poste est surveillé. Préoccupation centrale du duc la gestion des galères doit être sans défaut.Les comptes des galères permettent de juger cette gestion pendant un demi siècle, sous Emmanuel Philibert d’abord puis sous le règne de son fils Charles Emmanuel I (1580-1630). La présente étude ne porte pas sur l’appréciation financière ou militaire de l’œuvre. Seules les questions administratives et comptables sont ici abordées. L’organisation mise en place est-elle au niveau des objectifs politiques recherchés et des moyens financiers engagés ? Le système est moderne, au sens qu’on y trouve les principes de base d’une bonne gestion des deniers publics, tant à propos de l’ordonnancement des dépenses et des recettes que de la comptabilité. La liberté accordée aux ordonnateurs, aux généraux de galères particulièrement, est contrebalancée par un contrôle comptable efficace. Le trésorier des galères ne paye qu’après avoir constaté la réalité de la dépense. On a ici un système de justification des dépenses particulièrement efficace. La Chambre des comptes de Turin veille sur ce bon fonctionnement. Elle ne se contente pas de simples redditions de comptes. Elle surveille au moyen d’inventaires réguliers la bonne conservation des matériels. On pourra trouver ces pratiques « normales ». On notera que nous sommes au milieu du XVIe siècle, c'est-à-dire à l’aube d’une nouvelle manière de gérer l’argent public. La construction administrative et comptable d’Emmanuel Philibert peut servir de cadre pour apprécier les éléments de modernité. Cette approche ne prendra son véritable intérêt que dans la comparaison  avec les pratiques d’autres Etats.