Maîtres auditeurs, clercs et notaires des comptes sous la dynastie des Évreux-Navarre (1329–1387)

Les auditeurs et notaires qui servaient dans les chambres des comptes ont été des acteurs essentiels du développement moderne des États, royaux ou princiers, dans tout l’Occident médiéval. Charles II, comte d’Évreux et roi de Navarre (1349-1387) dota en 1365 l’organisme de contrôle qui existait déjà...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/comptabilites,
Hovedforfatter: Charon, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Comptabilités 2023
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Les auditeurs et notaires qui servaient dans les chambres des comptes ont été des acteurs essentiels du développement moderne des États, royaux ou princiers, dans tout l’Occident médiéval. Charles II, comte d’Évreux et roi de Navarre (1349-1387) dota en 1365 l’organisme de contrôle qui existait déjà dans son royaume pyrénéen de statuts pour asseoir et affirmer son pouvoir, situant son geste dans la continuité de celui des réformes du son aïeul saint Louis, en même temps qu’il instituait une fiscalité directe et indirecte jusqu’à présent inconnue de ses sujets. Il consolidait une évolution commencée avec l’avènement de ses père et mère en 1328 sur le trône des Sanche. Les tout premiers commissaires, occasionnels, désignés par les nouveaux souverains pour contrôler les comptes des receveurs et connaître l’état des finances de leur royaume, venaient de leur entourage français (sous la dynastie précédente des Capétiens l’audition des comptes navarrais se faisait à la chambre des comptes parisienne), mais les suivants, nommés de manière temporaire, devinrent progressivement majoritairement navarrais, et travaillèrent collégialement. Le personnel permanent mis en place en 1365 n’eut plus de lien avec la trésorerie comme c’était le cas auparavant, gage d’une indépendance qui avait peut-être manqué. Sa composition montre que ses membres étaient des spécialistes chevronnés des techniques comptables et de l’écrit, appartenant majoritairement au monde des clercs. Devenir maître auditeur marquait l’aboutissement d’une carrière et permettait de jouir d’une respectabilité parmi les hommes de gouvernement.