« Les pratiques comptables dans l’hôtel d’Alphonse le Magnanime (1416-1458) : acteurs et évolutions d’une gestion à l’épreuve des distances »

Cet article repose sur la comparaison et la confrontation de sources normatives et d’autres issues de la pratique financière de la monarchie aragonaise, afin de faire émerger un propos renouvelé sur l’expérience italienne du roi d’Aragon Alphonse le Magnanime. Il s’agit d’expliciter le fonctionnemen...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/comptabilites,
Auteur principal: Chila, Roxane
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Comptabilités 2019
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Cet article repose sur la comparaison et la confrontation de sources normatives et d’autres issues de la pratique financière de la monarchie aragonaise, afin de faire émerger un propos renouvelé sur l’expérience italienne du roi d’Aragon Alphonse le Magnanime. Il s’agit d’expliciter le fonctionnement complexe des finances de l’hôtel royal aragonais tel qu’il a été organisé par le corpus des ordonnances royales du xive siècle et des additions à ces ordonnances, puis de les comparer aux documents de la pratique du xve siècle. On constate que les officiers des finances produisaient quantité de documents de travail intermédiaires, qu’il faut qualifier d’« écritures grises », mais dont la plupart a été détruite, probablement au fur et à mesure du travail de vérification des comptes. Avec la conquête italienne, les frais militaires qu’elle implique et les contraintes matérielles nées des distances entre territoires ibériques et tyrrhéniens du Magnanime, cette gestion connaît des ratés. À partir de 1444 apparaît un nouvel acteur de la gestion des comptes, le banquier napolitain Giovanni Miroballo, qui se voit même confier une partie des opérations de caisse au nom du trésor royal. On observe une sorte de dédoublement de l’administration financière, dans un contexte de besoin pressant de liquidités. Le compte royal à la banque Miroballo facilite le recours au crédit marchand, sans parler de la nécessité parfois de procéder à des paiements en nature. Mais ce doublon de l’administration financière s’inscrit strictement, par ses pratiques, dans la norme aragonaise issue des ordonnances : mêmes procédures de révision, même officier responsable (le trésorier). Cette innovation ne remet donc pas en cause l’architecture globale de cette administration sous le règne du Magnanime, ni la culture professionnelle et les pratiques de ses officiers. En revanche, le règne de son fils qui lui succède dans le seul royaume de Naples, où le maintien des normes aragonaises est sans intérêt, voit le déclenchement d’une dynamique rapide d’évolution de l’administration des finances.