Les comptes médiévaux avaient-ils vocation à être exacts ? Le cas de l’Hôtel-Dieu de Paris

L’examen attentif des registres de comptabilité de l’Hôtel-Dieu de Paris conservés pour la fin du Moyen Âge permet de mesurer la capacité de ses comptables à rendre des comptes exacts et leur degré de maîtrise de l’arithmétique élémentaire comme d’autres savoirs indispensables en matière de numismat...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/comptabilites,
Autor Principal: Jéhanno, Christine
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Comptabilités 2015
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
id openedition-oai:revues.org:comptabilites_1672
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collection OpenEdition Journal
language Français
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1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
topic fin du Moyen Âge
Comptes
Hôtel-Dieu de Paris
calculs
comptable
scribe
cuentas
baja Edad Media
Hôtel-Dieu de París
cálculos/cómputos
contadores
escribiente
late Middle Ages
Accounts
Hôtel-Dieu of Paris
calculation
accountant
scribe
Spätmittelalter
Schreiber
Rechnungen
Pariser Krankenhaus
Rechnen
Buchhalter
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Accounts
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Pariser Krankenhaus
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Buchhalter
Jéhanno, Christine
Les comptes médiévaux avaient-ils vocation à être exacts ? Le cas de l’Hôtel-Dieu de Paris
description L’examen attentif des registres de comptabilité de l’Hôtel-Dieu de Paris conservés pour la fin du Moyen Âge permet de mesurer la capacité de ses comptables à rendre des comptes exacts et leur degré de maîtrise de l’arithmétique élémentaire comme d’autres savoirs indispensables en matière de numismatique et de métrologie. Pour y parvenir, deux enquêtes ont été menées. La première a consisté à vérifier les calculs dont font état les articles eux-mêmes. Ses résultats montrent un degré de maîtrise globalement satisfaisant et mettent aussi en lumière les quelques points faibles des comptables. Mais il est difficile de déterminer avec certitude si les erreurs incombent aux comptables ou aux scribes. Pour tenter d’éliminer ce biais, une deuxième enquête a porté sur l’ensemble des quelque 1 400 additions, qui sont, elles, effectuées par les comptables de l’hôpital, postérieurement à la copie, pour établir les multiples totaux et sous-totaux des comptes. Leur vérification systématique établit que la proportion des additions fautives, globalement élevée, varie d’une année à l’autre, probablement en fonction des compétences inégales des auteurs. Mais les écarts sont en général faibles et, dès lors qu’ils se compensent, sans grande incidence sur le bilan annuel. Ce mélange de compétences réelles, voire d’une certaine aisance, et de la fréquence des fautes, dont certaines grossières, conduit à s’interroger sur la vocation des comptes. Si les comptables s’efforcent de produire des chiffres exacts, ils se résolvent à ne pouvoir y réussir toujours. Plus étonnant, les instances de contrôle s’accommodent des erreurs, qu’elles ne corrigent pas. C’est que les comptes ont à leurs yeux d’autres fonctions que de présenter des chiffres rigoureusement exacts.
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Le cas de l’Hôtel-Dieu de Paris Comptabilités Université de Lille info:eu-repo/semantics/reference/issn/1775-3554 URI:https://journals.openedition.org/comptabilites Jéhanno, Christine fin du Moyen Âge Comptes Hôtel-Dieu de Paris calculs comptable scribe cuentas baja Edad Media Hôtel-Dieu de París cálculos/cómputos contadores escribiente late Middle Ages Accounts Hôtel-Dieu of Paris calculation accountant scribe Spätmittelalter Schreiber Rechnungen Pariser Krankenhaus Rechnen Buchhalter L’examen attentif des registres de comptabilité de l’Hôtel-Dieu de Paris conservés pour la fin du Moyen Âge permet de mesurer la capacité de ses comptables à rendre des comptes exacts et leur degré de maîtrise de l’arithmétique élémentaire comme d’autres savoirs indispensables en matière de numismatique et de métrologie. Pour y parvenir, deux enquêtes ont été menées. La première a consisté à vérifier les calculs dont font état les articles eux-mêmes. Ses résultats montrent un degré de maîtrise globalement satisfaisant et mettent aussi en lumière les quelques points faibles des comptables. Mais il est difficile de déterminer avec certitude si les erreurs incombent aux comptables ou aux scribes. Pour tenter d’éliminer ce biais, une deuxième enquête a porté sur l’ensemble des quelque 1 400 additions, qui sont, elles, effectuées par les comptables de l’hôpital, postérieurement à la copie, pour établir les multiples totaux et sous-totaux des comptes. Leur vérification systématique établit que la proportion des additions fautives, globalement élevée, varie d’une année à l’autre, probablement en fonction des compétences inégales des auteurs. Mais les écarts sont en général faibles et, dès lors qu’ils se compensent, sans grande incidence sur le bilan annuel. Ce mélange de compétences réelles, voire d’une certaine aisance, et de la fréquence des fautes, dont certaines grossières, conduit à s’interroger sur la vocation des comptes. Si les comptables s’efforcent de produire des chiffres exacts, ils se résolvent à ne pouvoir y réussir toujours. Plus étonnant, les instances de contrôle s’accommodent des erreurs, qu’elles ne corrigent pas. C’est que les comptes ont à leurs yeux d’autres fonctions que de présenter des chiffres rigoureusement exacts. The careful examination of the accounting books of the Hôtel-Dieu of Paris remaining for the late Middle Ages allows to measure the ability of its accountants to produce exact accounts, as well as their numeracy skills and other essential knowledge, such as money and metrology. This has been implemented through two different surveys. In the first one, the calculations stated in the different entries were checked. Results show that calculation skills were globally satisfactory, although they also bring to light some weak points of the accountants. However, it is difficult to establish with certainty whether the errors are to be ascribed to the accountants or to the scribes. In order to eliminate this bias, a second study concerned all the additions (about 1 400) which were made by the accountants of the hospital, after the copy, to establish the multiple totals and sub-totals of the accounts. Systematically checked, they appeared wrong in a relatively high proportion, varying nevertheless from one year to another, probably according to the various skills of the authors. But the differences are generally moderate and, since they tend to counterbalance, they are of no great incidence on the annual balance sheet. This mixture of real skills, even a certain ease, and the frequency of the faults, some of them gross, leads to wonder whether these accounts were designed to be exact or if they performed other functions. El atento examen atento de los registros de contabilidad del hospital (Hôtel-Dieu) de París a finales de la Edad Media permite evaluar la capacidad de los encargados del manejo en rendir cuentas exactas y el grado de su dominio de la aritmética elemental, así como de otros saberes indispensables en materia de numismática y metrología. Para ello, se hicieron dos encuestas. La primera consistió en verificar los cálculos de los artículos. Sus resultados demuestran un dominio satisfactorio de la aritmética, pero también algunas debilidades de los contadores. Pero es difícil saber si los errores incumben a estos o a los escribientes. Para intentar eliminar esta incertidumbre, una segunda encuesta examinó 1400 adiciones efectuadas por los contadores del hospital, después de la realizada de la copia, para establecer totales y subtotales en las cuentas. Su verificación sistemática muestra que la proporción de las adiciones erróneas, elevada, varía de un año al otro, probablemente según las competencias desiguales de los autores. Pero las diferencias son débiles y, como se compensan, no tienen incidencia sobre el balance anual. Esta mezcla de competencias reales, incluso de cierta soltura, y de la frecuencia de los errores, groseros a veces, lleva a interrogarse sobre la vocación de las cuentas. Si los responsables buscan producir cifras exactas, se resuelven a no conseguirlo siempre. Más sorprendente, las instancias de control admiten los errores y no los corrigen. Las cuentas, para ellas, tienen otras funciones que la de ofrecer cifras rigurosamente exactas. Zwei Untersuchungen sind der Zuverlässigkeit spätmittelalterlicher Rechnungen eines Pariser Krankenhauses gewidmet. Die erste kontrolliert die Abrechnungen und schaut auf Rechenfehler. Die zweite untersucht die 1400 Additionen des Schreibers. Das arithmetische Verhältnis der Rechenfehler ist wichtig und wechselt von Jahr zu Jahr, wahrscheinlich aufgrund der ungleichen Fähigkeiten der Buchhalter, Rechnungsführer und Schreiber. Glücklicherweise gleichen sich die Rechenfehler mehr oder weniger in der Jahresbilanz aus. Weil die Prüfer die Rechenfehler nicht berichtigten, schließen wir daraus, dass die vorrangige Funktion der Rechnungen nicht darin bestand, korrekte Zahlen zu liefern.