Les comptes médiévaux avaient-ils vocation à être exacts ? Le cas de l’Hôtel-Dieu de Paris
L’examen attentif des registres de comptabilité de l’Hôtel-Dieu de Paris conservés pour la fin du Moyen Âge permet de mesurer la capacité de ses comptables à rendre des comptes exacts et leur degré de maîtrise de l’arithmétique élémentaire comme d’autres savoirs indispensables en matière de numismat...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/comptabilites, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Comptabilités
2015
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | L’examen attentif des registres de comptabilité de l’Hôtel-Dieu de Paris conservés pour la fin du Moyen Âge permet de mesurer la capacité de ses comptables à rendre des comptes exacts et leur degré de maîtrise de l’arithmétique élémentaire comme d’autres savoirs indispensables en matière de numismatique et de métrologie. Pour y parvenir, deux enquêtes ont été menées. La première a consisté à vérifier les calculs dont font état les articles eux-mêmes. Ses résultats montrent un degré de maîtrise globalement satisfaisant et mettent aussi en lumière les quelques points faibles des comptables. Mais il est difficile de déterminer avec certitude si les erreurs incombent aux comptables ou aux scribes. Pour tenter d’éliminer ce biais, une deuxième enquête a porté sur l’ensemble des quelque 1 400 additions, qui sont, elles, effectuées par les comptables de l’hôpital, postérieurement à la copie, pour établir les multiples totaux et sous-totaux des comptes. Leur vérification systématique établit que la proportion des additions fautives, globalement élevée, varie d’une année à l’autre, probablement en fonction des compétences inégales des auteurs. Mais les écarts sont en général faibles et, dès lors qu’ils se compensent, sans grande incidence sur le bilan annuel. Ce mélange de compétences réelles, voire d’une certaine aisance, et de la fréquence des fautes, dont certaines grossières, conduit à s’interroger sur la vocation des comptes. Si les comptables s’efforcent de produire des chiffres exacts, ils se résolvent à ne pouvoir y réussir toujours. Plus étonnant, les instances de contrôle s’accommodent des erreurs, qu’elles ne corrigent pas. C’est que les comptes ont à leurs yeux d’autres fonctions que de présenter des chiffres rigoureusement exacts. |
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