Enseigner la variation en classe de FLE

La langue varie dans une multitude de dimensions : régionale, sociale, situationnelle, etc. Or, comme nous essaierons de le démontrer en nous appuyant sur un vaste corpus, les bandes dessinées ne contiennent qu’une partie des variantes que l’on rencontre dans l’oral spontané, où elles n’ont pas non...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/comicalites,
Huvudupphovsman: Pustka, Elissa
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: Comicalités 2026
Ämnen:
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:La langue varie dans une multitude de dimensions : régionale, sociale, situationnelle, etc. Or, comme nous essaierons de le démontrer en nous appuyant sur un vaste corpus, les bandes dessinées ne contiennent qu’une partie des variantes que l’on rencontre dans l’oral spontané, où elles n’ont pas non plus la même distribution. Les variantes régionales y sont rares ; les variantes du français parlé, en revanche, comme la non-réalisation du ne de négation sont courantes dans bon nombre de bandes dessinées. L’utilisation ou non de ces variantes peut souligner le contraste entre textes narratifs dans les cartouches et oralité mise en scène dans les bulles. Elles sont aussi souvent utilisées pour mettre en scène des différences entre les personnages ou entre les groupes sociaux auxquels ceux-ci appartiennent (par exemple jeunes vs adultes). Contrairement aux facteurs externes (pouvant être délibérément manipulés), les facteurs internes de la variation (probablement inconnus des bédéistes) se rapprochent de manière étonnante de la parole spontanée. Quelles sont les conséquences didactiques de cette représentation de la variation linguistique dans la bande dessinée ? L’article proposera d’utiliser la bande dessinée pour l’enseignement de la variation en classe de FLE, mais essentiellement pour illustrer l’existence des variantes. Dans ce contexte, des représentations stéréotypées peuvent même constituer un avantage, car elles impliquent déjà une réduction didactique. En revanche, quand des œuvres intégrales sont étudiées en classe, il est nécessaire que l’enseignant·e aborde de manière explicite le phénomène de l’oralité mise en scène à l’écrit et qu’il ou elle sensibilise les apprenant·es au fait que les variantes peuvent être utilisées dans un but de stéréotypisation.