Les retraductions des aventures de Tintin en russe

Au cours des trente dernières années les aventures de Tintin ont été traduites en russe à trois reprises dont seul le dernier projet a été mené à son terme. Nous proposons une analyse comparée des trois traductions (1993-1994, 2015-2016 et 2022-2023) des albums Les 7 Boules de cristal et Le Temple d...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/comicalites,
Hoofdauteur: Debrenne, Michèle
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Comicalités 2025
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Au cours des trente dernières années les aventures de Tintin ont été traduites en russe à trois reprises dont seul le dernier projet a été mené à son terme. Nous proposons une analyse comparée des trois traductions (1993-1994, 2015-2016 et 2022-2023) des albums Les 7 Boules de cristal et Le Temple du Soleil. La totalité du texte a été analysée, soit 868 et 841 énoncés, tant répliques des personnages que didascalies de l’auteur. On a relevé les rares correspondances des trois traductions, les cas d’ajouts et d’omissions, les erreurs. Les noms des personnages ont également été comparés, ainsi que les cas d’écarts à la norme : les injures du capitaine Haddock, les lapsus des Dupondt, les interférences avec les langues étrangères. On constate que la première traduction se caractérise par une tendance à la littéralité, la deuxième à la domestication, alors que la troisième, cibliste et forainisante, évite les maladresses de la première. Ceci correspond à l’accueil de cette BD par le public russe : dans les années 1990-2000 les BD étaient appréciées d’un rare public de connaisseurs, puis, après la sortie de la série de dessins animés doublée en russe (1998), on a tenté de se rapprocher du public enfantin, quitte à trahir l’original. La version la plus récente s’adresse à un public familiarisé aux BD et au personnage de Tintin (connu par le film de Spielberg, sorti en 2011), capable d’apprécier un texte à la fois plus proche de l’original et plus travaillé, notamment au niveau des connotations et allitérations. Étant donné que la BD est un art relativement récent en Russie, l’insuccès des premières traductions peut provenir de l’impréparation du public et des traducteurs non spécialisés et à l’absence d’un langage BD adéquat.