La part du texte : Les romans-feuilletons et les nouvelles dans les premiers magazines de bandes dessinées

Cet article se penche sur la présence des romans-feuilletons et des nouvelles dans les premiers magazines français de bandes dessinées, particulièrement pendant l’entre-deux-guerres. Il analyse les raisons de la persistance surprenante de la partie textuelle aux côtés des bandes dessinées à succès,...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/comicalites,
Auteur principal: Bros, Sophie
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Comicalités 2025
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Cet article se penche sur la présence des romans-feuilletons et des nouvelles dans les premiers magazines français de bandes dessinées, particulièrement pendant l’entre-deux-guerres. Il analyse les raisons de la persistance surprenante de la partie textuelle aux côtés des bandes dessinées à succès, s’interrogeant sur les modalités économiques et pratiques de cette inclusion. L’étude se concentre sur des hebdomadaires représentatifs tels que L’Épatant, Fillette, La Semaine de Suzette, Lisette, Pierrot, L’As, L’Aventureux, Le Journal de Mickey, et Junior. En examinant tout d’abord l’intégration formelle de ces textes aux magazines puis leur nature, il ressort notamment que ces récits sont systématiquement illustrés, et une imperméabilité de ces romans-feuilletons à la BD, témoignant de l’autonomie croissante de cette dernière et de la mobilité des feuilletons au sein des magazines. De plus, les récits textuels, à la différence de la BD, apparaissent comme les indicateurs de la ligne éditoriale des journaux, cristallisant la distinction entre les lectorats masculin et féminin, et bourgeois ou populaire. Les nouvelles et romans-feuilletons se font aussi argument de vente, offrant l’avantage de la respectabilité par rapport à la BD, et fonctionnant comme garants de « bonne tenue » auprès des parents, tout en permettant des économies aux éditeurs par l’usage du réemploi. Enfin, ces récits incarnent une résistance nette à l’américanisation de la culture populaire, revendiquant une spécificité nationale et une identité littéraire française. Cette résistance s’inscrit là encore dans une stratégie éditoriale et économique. L’étude des récits textuels et de leurs illustrations dans les premiers magazines de bande dessinée permet ainsi de mieux comprendre ces objets médiatiques hybrides ; les romans-feuilletons participent à un jeu entre l’image et le texte et ne semblent jamais anodins.