L’autre du prophétisme congolais
« Pour moi, on n’est écrivain qu’à condition d’être poète », assurait Sony Labou Tansi, mais peut-on sérieusement être poète au Congo sans être prophète ? Telle est l’interrogation à laquelle ce papier tente de répondre. Poète et prophète ; ces deux propositions rattachent Sony, non pas au prophétis...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/coma, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Continents manuscrits
2019
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| Matèries: | |
| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | « Pour moi, on n’est écrivain qu’à condition d’être poète », assurait Sony Labou Tansi, mais peut-on sérieusement être poète au Congo sans être prophète ? Telle est l’interrogation à laquelle ce papier tente de répondre. Poète et prophète ; ces deux propositions rattachent Sony, non pas au prophétisme scripturaire décrit par Jean-Loup Amselle dans Branchements, mais à une histoire du prophétisme congolais relevant du Ventre (moyo) et de sa déconvenue à la suite de l’échec de la rencontre entre le royaume du Kongo, le Portugal et le christianisme au xvie siècle. Le verbe dans la poésie de Sony est un discours d’effluves et de visions qui cherche à maintenir vivant et dynamique le rapport au Kongo. Dès le début de son écriture, avec Vers au vinaigre, ses poèmes de jeunesse, il est pris par cet appel et enserré dans le corset du prophète dont il cherche à se débarrasser. On l’entend presque dire ces mots de l’Évangile : « Non je ne suis pas digne mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie ». Sauf que la parole, c’est à lui de la porter. C’est cette mission contre laquelle il se débat que j’essaie de restituer dans ce texte avant de lui trouver la place qui lui revient dans la filiation prophétique kongo. |
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