Quand la modernité altère l’identité

Notre objectif est ici d’étudier l’évolution d’une identité territoriale au prisme de bouleversements environnementaux et institutionnels liés à la ressource en eau. Le mont Kilimandjaro et ses habitants, les Chagga, sont marqués par deux enjeux majeurs la concernant : la baisse de sa disponibilité...

Descrizione completa

Salvato in:
Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/com,
Autore principale: Sébastien, Léa
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Les Cahiers d’Outre-Mer 2017
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Notre objectif est ici d’étudier l’évolution d’une identité territoriale au prisme de bouleversements environnementaux et institutionnels liés à la ressource en eau. Le mont Kilimandjaro et ses habitants, les Chagga, sont marqués par deux enjeux majeurs la concernant : la baisse de sa disponibilité et la nouvelle politique de l’eau amenant modernisation, marchandisation, privatisation et centralisation de la ressource. La notion d’identité territoriale est appréhendée en tant que système socio-patrimonial, empreint de rapports sociaux (relations entre acteurs) et patrimoniaux (relations aux objets naturels et culturels). Le modèle de l’Acteur en 4 Dimensions offre un support méthodologique permettant de décortiquer un territoire en système socio-patrimonial à partir d’entretiens semi-directifs et de différencier les identités individuelles et collectives, sociales et spatiales. Nous testons l’hypothèse selon laquelle un objet territorial comme l’eau peut être porteur de relations sociales comme de liens affectifs au territoire, et que nier ces attachements peut modifier l’identité territoriale. Au niveau social, nous mettons en exergue une opposition fondamentale entre tradition (portée par les enracinés, représentée par les canaux d’irrigation) et modernité (portée par les détachés, représentée par « l’eau moderne »). Au niveau patrimonial, l’eau engendre des attachements porteurs de savoirs, pratiques et représentations spécifiques, niés par les nouveaux gestionnaires des ressources naturelles. Ce qui faisait la spécificité culturelle des lieux (la gestion villageoise des canaux) n’est plus et un nouveau rapport à l’eau s’installe sur le Kilimandjaro perturbant grandement l’identité territoriale chagga.