Caractérisation et diagnostic de familles paysannes andines au sein de leurs communautés, selon une méthode typologique (haute vallée du Cañete, province de Yauyos, Pérou)

Une typologie d’unités de production agricole familiales (UPAF) est construite sur la base des 6 groupes de communautés qui différencient des systèmes agraires dans le haut bassin-versant du Cañete (département de Lima, Pérou). L’hypothèse est que la différenciation socioéconomique entre les unités...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/com,
Hovedforfatter: Barrio de Pedro, José Carlos
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Les Cahiers d’Outre-Mer 2014
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Une typologie d’unités de production agricole familiales (UPAF) est construite sur la base des 6 groupes de communautés qui différencient des systèmes agraires dans le haut bassin-versant du Cañete (département de Lima, Pérou). L’hypothèse est que la différenciation socioéconomique entre les unités de production est limitée du fait des fortes contraintes du milieu montagnard qui encadrent les ressources disponibles, et du fait de leur appartenance à des communautés paysannes qui en régulent l’accès et la distribution. On utilise une méthode semi-automatique d’agrégation sur des pôles virtuels définis avec une technique de centres mobiles, et caractérisés selon des modalités de variables descriptives. Le croisement de la typologie des communautés paysannes avec celle des unités de production familiales, facilité par l’utilisation d’un même concept de zone de production, fournit une représentation précise de la diversité des unités de production agricole familiales, qui s’étend depuis le niveau de la communauté à celui de la province. Plus de 2 000 UPAF se répartissent ainsi dans 33 types définis par des oppositions de topographie (altitude-fond de vallée), système de production (élevage à laine sur parcours ou laitier sur luzernière, agriculture sous pluie ou irriguée) et structure locale (diversification-spécialisation, pauvreté-richesse, gestion collective-privatisation). Deux tendances se dessinent chez les unités de production les plus stables : 1) de spécialisation vers les élevages d’altitude, l’élevage bovin laitier sur luzernières ou la production fruitière, et 2) d’accumulation au cours du cycle vital de l’exploitation. Il apparaît aussi que certaines communautés sont fragilisées par une proportion relativement élevée de chefs de famille avec peu ou pas de ressources agro-pastorales, âgés ou résidant en dehors de la communauté. Les deux groupes de communautés d’éleveurs d’altitude ont des caractéristiques clairement différenciées par rapport aux quatre autres groupes d’agriculteurs-éleveurs. En altitude, l’activité d’élevage (ovins et auquénidés, puis bovins) est soumise à la concurrence des activités minières et touristiques, ce qui est à mettre en rapport avec la présence de nombreux chefs de famille avec peu ou pas d’accès aux ressources agropastorales mais avec une activité extérieure. En milieu de vallée on observe un phénomène de déstructuration du système social traditionnel fondé sur l’entretien collectif des infrastructures d’irrigation, lesquelles sont soumises à l’abandon ou partiellement transformées vers la production individuelle de cultures annuelles sans maïs ou de luzerne à bovins. Ces communautés sont clairement fragilisées par la présence de nombreux chefs de famille âgés ou ayant un accès limité aux ressources agropastorales et, souvent, une activité extérieure dans les exploitations minières. En fond de vallée on trouve des communautés spécialisées en fruiticulture (dans d’anciennes parcelles à culture annuelle irriguée avec mais ou luzernières), avec aussi des nombreux chefs de famille âgés ou sans accès aux ressources agropastorales, mais souvent avec une activité extérieure. Dans ces communautés se vérifie une concurrence croissante d’activités diverses plus orientées vers les services, ainsi qu’une présence accrue de non résidents dont l’accès au territoire est facilité par l’amélioration des infrastructures de transport.