À l’Ouest, quoi de nouveau ? Les obstacles à la paix en Casamance
Alors qu’à l’autre extrémité du continent (au Sud-Soudan) un conflit du même type a trouvé une issue politique, aucune perspective de négociation n’est en vue pour mettre un terme au conflit séparatiste de Casamance : quelques centaines de maquisards y tiennent tête depuis bientôt 30 ans à l’armée s...
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| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
Les Cahiers d’Outre-Mer
2012
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| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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openedition-oai:revues.org:com_6289 https://doi.org/10.4000/com.6289 urn:doi:10.4000/com.6289 fr https://journals.openedition.org/com/6289 2012-01-31T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/e5r3 https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ À l’Ouest, quoi de nouveau ? Les obstacles à la paix en Casamance Les Cahiers d’Outre-Mer Presses universitaires de Bordeaux info:eu-repo/semantics/reference/issn/1961-8603 info:eu-repo/semantics/reference/issn/0373-5834 URI:https://journals.openedition.org/com Marut, Jean-Claude Sénégal nationalisme Casamance Gambie Guinée-Bissau MFDC conflit séparatiste guérilla négociation nationalism Senegal Casamance Gambia Guinea-Bissau MFDC separatist struggle guerilla war negotiation Alors qu’à l’autre extrémité du continent (au Sud-Soudan) un conflit du même type a trouvé une issue politique, aucune perspective de négociation n’est en vue pour mettre un terme au conflit séparatiste de Casamance : quelques centaines de maquisards y tiennent tête depuis bientôt 30 ans à l’armée sénégalaise, ce qui fait de ce conflit l’un des plus longs, sinon le plus long qu’ait connu l’Afrique depuis les Indépendances.Son origine renvoie à des conflits sociaux et identitaires qui dégénèrent en conflit violent faute d’espace public de débat. Et son histoire est celle d’un conflit nationaliste simple au départ, mais qui devient rapidement complexe par son enchevêtrement avec des rivalités internes et externes, dans lesquelles les acteurs cherchent à s’instrumentaliser.À l’inverse de ce qui s’est passé au Sud-Soudan, la rébellion ne bénéficie d’aucun soutien de la communauté internationale, et a perdu beaucoup de ses soutiens initiaux. C’est d’ailleurs, paradoxalement, l’évolution des rapports de force en faveur de l’État sénégalais qui conduit à l’impasse actuelle. Leur sentiment de supériorité incite en effet les responsables dakarois à nier la réalité politique du conflit et de ses causes, à tout faire pour ne pas avoir à négocier, et donc à le laisser pourrir, quelles qu’en soient les conséquences pour les Casamançais et les risques pour le Sénégal. Une telle posture ne laisse guère d’autre choix aux radicaux de la rébellion que de chercher à modifier le rapport de forces par les armes pour imposer une négociation. All quiet on the Western front ? Obstacles to peace in CasamanceWhile the conflict of South Sudan, on the other side of the African continent, has recently reached a political solution, this does not seem a possibility for the separatist struggle in Casamance : there, a few hundred guerrillas have been confronting the Senegalese armed forces for almost thirty years, one of the longest armed conflicts in postcolonial Africa.This conflict was born from social and identity tensions which degenerated in violence for lack of a public space for debate. Its history is that of a standard nationalist struggle getting more and more complex as it got entangled in internal and external rivalries and attempts at instrumentalisation.In contrast to the South Sudan, the Casamance rebellion never enjoyed significant international support, and it has lost most of its initial backers. It is paradoxically the evolution of the balance of forces in favour of the Senegalese state which leads to the current deadlock. Out of their sense of superiority, the Senegalese authorities deny the political reality of the conflict and its causes, do everything they can to avoid negotiation, and thus let it degenerate, taking little notice of the consequences for the Casamançais and the risks for Senegal itself. Dakar’s stand leaves no choice to the radicals within the rebellion than to try and modify the balance of forces through violence in order to impose a negotiated settlement. |
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Alors qu’à l’autre extrémité du continent (au Sud-Soudan) un conflit du même type a trouvé une issue politique, aucune perspective de négociation n’est en vue pour mettre un terme au conflit séparatiste de Casamance : quelques centaines de maquisards y tiennent tête depuis bientôt 30 ans à l’armée sénégalaise, ce qui fait de ce conflit l’un des plus longs, sinon le plus long qu’ait connu l’Afrique depuis les Indépendances.Son origine renvoie à des conflits sociaux et identitaires qui dégénèrent en conflit violent faute d’espace public de débat. Et son histoire est celle d’un conflit nationaliste simple au départ, mais qui devient rapidement complexe par son enchevêtrement avec des rivalités internes et externes, dans lesquelles les acteurs cherchent à s’instrumentaliser.À l’inverse de ce qui s’est passé au Sud-Soudan, la rébellion ne bénéficie d’aucun soutien de la communauté internationale, et a perdu beaucoup de ses soutiens initiaux. C’est d’ailleurs, paradoxalement, l’évolution des rapports de force en faveur de l’État sénégalais qui conduit à l’impasse actuelle. Leur sentiment de supériorité incite en effet les responsables dakarois à nier la réalité politique du conflit et de ses causes, à tout faire pour ne pas avoir à négocier, et donc à le laisser pourrir, quelles qu’en soient les conséquences pour les Casamançais et les risques pour le Sénégal. Une telle posture ne laisse guère d’autre choix aux radicaux de la rébellion que de chercher à modifier le rapport de forces par les armes pour imposer une négociation. |
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