Café, caféiculteurs et vie politique dans les hautes terres de l’Ouest-Cameroun

La manière dont l’activité caféicole a été gérée était porteuse de revendications voire de conflits. Elle a porté les problèmes agricoles des champs vers les rues et a façonné une classe d’hommes politiques de plus en plus actifs dans la gestion des affaires de la cité et du pays. L’implication des...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/com,
Autore principale: Kuété , Martin
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Les Cahiers d’Outre-Mer 2011
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Riassunto:La manière dont l’activité caféicole a été gérée était porteuse de revendications voire de conflits. Elle a porté les problèmes agricoles des champs vers les rues et a façonné une classe d’hommes politiques de plus en plus actifs dans la gestion des affaires de la cité et du pays. L’implication des acteurs de la filière café dans la gestion politique du pays ou l’onction que certains hommes politiques viennent demander dans cette filière pour consolider leur assise ou pour se refaire des forces font partie des aspects que l’administration coloniale n’avait pas prévus en assignant les missions au café. Tout au plus, dans son esprit, le café devait procurer aux paysans l’argent pour répondre aux charges quotidiennes et surtout pour payer l’impôt ; renforcer le pouvoir des chefs locaux (à qui l’activité est prioritairement réservée) sur leurs sujets, en ajoutant à l’ascendance que leur confère la tradition, une dimension économique.Pourtant, pendant plus de 70 ans, c’est l’activité caféicole qui va façonner une civilisation en conditionnant et en animant les vies politique et sociale. Elle a ainsi participé pour une bonne part, à la construction du Territoire et des territoires, catalysé les crises socio-politiques qui accompagnent l’Indépendance (rébellion armée de la fin de la décennie 1950) et les suivantes (échauffourées marquant le passage de l’État unitaire à un Cameroun davantage démocratique).La disparition du caféier arabica de l’Ouest-Cameroun marque la fin d’une époque, d’une civilisation. Une autre aux contours encore très flous a commencé.