L’historiographie ou la « comédie de l’identité ». Une contribution à l’étude du concept de représentation en histoire à partir des réflexions de Michel de Certeau

Qu’est-ce que veut dire, en histoire, « représenter » ? Ce terme a en effet beaucoup de significations (mouvement référentiel qui renvoie au passé, pratique performative, etc.) et c’est justement sa polysémie constitutive qui lui permet d’être au centre du discours et de « l’opération historiographi...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/cm,
Auteur principal: Napoli, Diana
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Conserveries mémorielles 2011
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Qu’est-ce que veut dire, en histoire, « représenter » ? Ce terme a en effet beaucoup de significations (mouvement référentiel qui renvoie au passé, pratique performative, etc.) et c’est justement sa polysémie constitutive qui lui permet d’être au centre du discours et de « l’opération historiographique ». Pourtant, cette polysémie pourrait être approfondie, grâce à la réflexion de Michel de Certeau, dans une direction susceptible de montrer les aspects presque « cliniques » que la « représentation » historique est capable de mobiliser dans une société. Notre but n’a pas été celui de déstabiliser une notion centrale de la pratique historiographique. Plutôt nous avons essayé de trouver, dans l’œuvre de Certeau, un usage du concept de représentation à même d’interroger le sens de l’acte historiographique dans un régime d’historicité présentiste où, sous l’empire de la dimension de la présence, les discours historique et mémoriel semblent se confondre et se concurrencer pour s’approprier le passé.Certeau a notamment envisagé, à partir d’une lecture de Freud, la représentation dont se sert l’histoire comme la mise en scène d’une comédie de l’identité qu’une société, dans une relation presque schizophrénique avec le passé, joue pour s’établir dans la dimension du présent. C’est à partir de cet aspect de la pensée certalienne que nous avons choisi d’interroger ce temps de la présence où l’histoire paraît privée du « passé du présent » et toujours plus en difficulté, peut-être, dans l’acte de se représenter le passé.