Quand la foule devient peuple … avec Léon Gambetta

De 1870 à 1882 en France, la foule se montre un acteur essentiel dans la construction de la Troisième République. Non plus la foule qui prend la Bastille ou celle des barricades, mais la foule qui ovationne les grands leaders républicains qui ne peuvent faire sans elle. Si l’on veut bien considérer...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cm,
Autor Principal: Dontenwille-Gerbaud, Aude
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Conserveries mémorielles 2010
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:De 1870 à 1882 en France, la foule se montre un acteur essentiel dans la construction de la Troisième République. Non plus la foule qui prend la Bastille ou celle des barricades, mais la foule qui ovationne les grands leaders républicains qui ne peuvent faire sans elle. Si l’on veut bien considérer les discours « fondateurs » de Léon Gambetta, non pas seulement dans leur dimension textuelle, mais également dans leur profonde théâtralité, il convient d’analyser les grands rassemblements comme la naissance d’une modernité politique. La mémoire des foules révolutionnaires hante les esprits. Tout à la fois source vive d’inspiration pour le tribun ou d’inquiétude pour les conservateurs, les foules républicaines sont l’objet de toutes les attentions. Dans ce moment clef de l’histoire de France, le projet républicain entend les instruire, transformer en quelque sorte l’énergie issue de la foule « aveugle » en celle d’un peuple éclairé. La philosophie politique permet à l’historien d’analyser autrement ce moment fondateur. Les éclairages de Jürgen Habermas, Claude Lefort et Paul Ricoeur amènent à dépasser l’analyse classique d’une idée républicaine, pour évoquer la construction d’une société démocratique.