« Ce n’est pas ce que j’ai vu, ce n’est pas ce que j’ai pensé»
Cet article s’appuie sur les récits oraux de trois personnes qui étaient enfants pendant la Seconde Guerre Mondiale afin de mettre en avant leur insatisfaction à l’égard des versions dominantes, émanant de discours publics faisant autorité, du passé dans lequel ils s’insèrent. Rachel, une enfant jui...
Kaydedildi:
| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/cm, |
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Conserveries mémorielles
2022
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Cet article s’appuie sur les récits oraux de trois personnes qui étaient enfants pendant la Seconde Guerre Mondiale afin de mettre en avant leur insatisfaction à l’égard des versions dominantes, émanant de discours publics faisant autorité, du passé dans lequel ils s’insèrent. Rachel, une enfant juive, a été persécutée, violentée, mais sauvée ; Anne-Marie est la fille d’un cheminot résistant qui a été déporté et tué ; Grégoire a été évacué et a survécu à un violent bombardement. A plusieurs reprises dans leur vie d’adultes, ces trois personnes ont fait l’expérience d’une dissociation troublante entre l’histoire telle qu’ils l’ont vécue personnellement et l’histoire étudiée et érigée en « Histoire » nationale. Chacune des trois s’est employée à panser cette blessure, en privé ou de manière publique. Selon Norquay (1999), oublier est « un processus actif, qui peut impliquer le déni, le refus, le discrédit, la réduction au silence, l’omission » ; cet article s’intéresse au fait de se sentir oublié, dénié, refusé, disqualifié, réduit au silence ou omis, et à la manière dont ce sentiment peut se transformer en puissance d’agir en vue de contrer le discours hégémonique Au cœur de son argumentation est un appel à prêter attention à « ce que font les sentiments » dans les sociétés (AHMED, 2014). Alors que la plupart des travaux universitaires influents sont dédiés à des analyses par « le haut » des cultures mémorielles liées à l’après-conflit en France, peu de recherches se sont intéressées aux souvenirs personnels des personnes « ordinaires » ou de « peu d’importance », et en particulier aux souvenirs de ceux qui étaient enfants ; de telles voix, et le message qu’elles véhiculent, ont pu ainsi être qualifiées de concurrentes et de fait préjudiciables à la « cohérence du récit national » (WIEWIORKA, 2012). Et pourtant, en ne les écoutant pas, le discours historique dominant risque de provoquer du ressentiment et des sentiments d’exclusion et de honte, au détriment, précisément, de la cohésion sociale. |
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