Spectres photographiques : quand la photographie hante la littérature

Quand l’écriture s’invente à partir de la photographie, soit qu’elle cherche à en saisir l’essence, soit qu’elle l’intègre à un récit, elle l’évoque ou l’invoque bien souvent sous le double signe de ce qui disparaît et de ce qui revient, de la perte et de la hantise. Par ailleurs, nombre d’écrivains...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cm,
Autor principal: Zenetti, Marie-Jeanne
Formato: Article ou chapitre numérique
Publicado: Conserveries mémorielles 2016
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Quand l’écriture s’invente à partir de la photographie, soit qu’elle cherche à en saisir l’essence, soit qu’elle l’intègre à un récit, elle l’évoque ou l’invoque bien souvent sous le double signe de ce qui disparaît et de ce qui revient, de la perte et de la hantise. Par ailleurs, nombre d’écrivains, quand ils sont confrontés au deuil ou à une autre forme de retour des morts, choisissent de s’intéresser à la photographie ou d’écrire avec la photographie. De La Chambre Claire de Roland Barthes à Austerlitz de W. G. Sebald, Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach et La Disparition des lucioles de Denis Roche, l’incessant dialogue entre photographie et littérature s’articule à la figure du spectre. Le spectre, qui n’appartient pas pleinement à l’espace où il s’inscrit, relève d’une béance, d’un flottement ; il vient déranger cet ordre que le travail de deuil doit normalement restaurer. Dans le texte littéraire, la photographie impose elle aussi une logique « autre » : entre passé et présent, monde des morts et monde des vivants, elle manifeste la nécessité, dans et par l’écriture, d’assigner une place à ce qui toujours hésite aux frontières de la mémoire et résiste à s’inscrire définitivement dans l’espace du souvenir.